Cinema

Dans la brume électrique : des personnages sacrifiés sur l’autel de l’intrigue

07 avril 2009 | PAR Eric

brume

Tommy Lee Jones jouant dans un film de Bertrand Tavernier, le concept avait de quoi faire rêver… D’autant plus que l’aventure américaine du réalisateur français ne fut pas de tout repos : aux États-Unis, le film est sorti directement en DVD dans une version calibrée pour le marché américain. Malheureusement, la version française n’est pas non plus à la hauteur des espérances.

Dans la brume électrique a pour héros principal Dave Robicheaux (Tommy Lee Jones), inspecteur à New Ibéria en Lousiane. Il enquête sur un tueur en série qui s’en prend à de jeunes femmes. Lors de son enquête, Dave rencontre la star hollywoodienne Elrod Sykes (Peter Sarsgaard) ainsi qu’une figure de la mafia locale, Julius Balboni (John Goodman).

Le film laisse trop de place à son intrigue et sacrifie ses personnages.
Le film laisse trop de place à son intrigue et sacrifie ses personnages.

Le récit souffre de longueurs récurrentes due à un scénario qui empêche le spectateur de ressentir de l’empathie pour les personnages. L’enquête, assez complexe, laisse peu d’espace aux protagonistes. Le passé de Dave par exemple et les raisons de son alcoolisme, sont à peine effleurés. En revanche, l’omniprésence d’un fantôme venu tout droit de la guerre de sécession laisse un peu sceptique.

Le jeu des acteurs était attendu et l’on retrouve la patte Tavernier, même si, grand dommage, Tommy Lee Jones se répète dans son rôle d’homme un rien bougon et nerveux (Trois Enterrements, Men In Black, Dans la Vallée d’Elah…)

Le réalisateur parvient également a créer une ambiance poisseuse et brumeuse de film noir dans l’univers spécifique qu’est le sud des États-Unis, mais après ce premier essai, on ne peut que rappeler notre Bertrand Français pour décrypter la France comme il sait si bien le faire.

« Dans la brume électrique« , de Bertrand Tavernier, avec Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard, Ned Beatty, Pruitt Taylor Vince, Mary Steenburgen, France/Etats-Unis, 2008, 1h57. Sortie le 15 avril.

Eric Provot

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