Cinema
Critique: Warm Bodies, un ‘zombie-teenage-movie’ parodique, romantique et épique

Critique: Warm Bodies, un ‘zombie-teenage-movie’ parodique, romantique et épique

23 mars 2013 | PAR Gilles Herail

[rating=4]

Warm Bodies devait être un nouveau Twilight en mieux. C’est en réalité un quasi chef d’œuvre de comédie romantique adolescente. Hilarant, extrêmement bien écrit, sachant réserver des moments romantiques sans s’étaler dans la mièvrerie et en préservant un souffle épique, Warm Bodies est LA surprise de ce début d’année.

Synopsis: Un mystérieux virus a détruit toute civilisation. Les rescapés vivent dans des bunkers fortifiés, redoutant leurs anciens semblables devenus des monstres dévoreurs de chair. R, un mort-vivant romantique, sauve contre toute attente Julie, une adorable survivante, et la protège de la voracité de ses compagnons. Au fil des jours, la jeune femme réveille chez lui des sentiments oubliés depuis longtemps… Elle-même découvre chez ce zombie différent autre chose qu’un regard vide et des gestes de momie…

Certaines idées de scénario valent de l’or. Le point de départ est ici tout simplement génial. Un Zombie qui tombe amoureux. Brillante intuition burlesque développée très intelligemment par le scénario notamment dans le premier tiers du film. Le jeu volontairement caricatural des acteurs, leur démarche fantomatique de drogués dépressifs au temps de réaction interminable. Tout le potentiel comique de la comédie réaliste de zombie est utilisé. Grâce à un acteur charismatique qui insuffle une véritable personnalité à son personnage à travers une voix off hilarante. Les tentatives désespérées de séduction de ce zombie envers la jeune héroïne traumatisée sont magiques.

Warm Bodies n’est bien évidemment pas seulement parodique même si son aspect comique est certainement le plus réussi. Une idylle se noue progressivement entre nos deux jeunes héros qui apprennent à se découvrir. Voire à se ré-humaniser pour l’un d’entre eux. Et là encore la sauce prend. Car ce couple improbable a du charme. Et du chien. Vient se greffer une dimension plus symbolique. L’acceptation de la différence bien-sur, le conflit générationnel qui lui est lié mais aussi un discours assez fort contre l’apathie. Le film appelle au réveil, au dépassement, à la prise de contrôle de son existence. Avec un optimisme jamais béat.

Warm Bodies nous donne donc le sourire malgré un mauvais esprit et une noirceur inhabituels dans ce type de productions adolescentes. On rappellera quand même que Mr notre héros mange la cervelle de l’ex de sa dulcinée pour pouvoir découvrir ses mémoires… La violence sans être déplacée est aussi assumée. On ressort de la projection avec le sourire. Un film de pur plaisir,  qui semblait avoir tout contre lui mais sait séduire son spectateur. En ménageant le romantisme et le décalage. En étant incroyablement divertissant tout en tenant son scénario et disséminant des idées pas idiotes. Courez-y!

Gilles Hérail

Warm Bodies, une comédie romantique de Jonathan Levine avec Nicholas Hoult et Teresa Palmer, durée 1h37, sortie le 20 mars 2013

 

Derniers jours : Martial Cherrier et Joel Meyerowitz imposent leurs regards à la MEP
« J’aime pas la musique » de David Snug : quand le prof de musique est un nazi…
Gilles Herail

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *