Cinema
[Critique] « Sin City, J’ai tué pour elle »: ultraviolent, ultra maîtrisé, grisant et cruel

[Critique] « Sin City, J’ai tué pour elle »: ultraviolent, ultra maîtrisé, grisant et cruel

12 septembre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Toujours trois récits dans Sin City, toujours trois héros mal en point. Josh Brolin, Joseph Gordon-Levitt et Jessica Alba s’y collent joyeusement. Les histoires sont moins riches, mais le ton se fait plus crépusculaire. Et fataliste. La gangrène n’a pas disparu : ce second Sin City électrise. Avec finesse.

[rating=4]

Sin City Joseph Gordon LevittConcrètement, il fait mal. Débris qui traversent l’écran grâce à l’image 3D, effets sonores poussés au maximum… Surtout, tout le monde y prend des coups. Nos trois personnages principaux souffrent au-delà du concevable : Dwight, maintenant photographe des adultères (Josh Brolin, qui remplace Clive Owen), Johnny le joueur classe et sûr de lui (Joseph Gordon-Levitt), et l’éternelle Nancy (Jessica Alba), voient rouge, très rouge. Dwight en vient à décrire les coups qu’on lui inflige… Dans le premier volet de Sin City, la souffrance était plus diffuse. C’est que ce numéro deux montre comment la ville soumet. Envoie à terre. Par l’entremise du sénateur Roark, qu’on voit tout le temps (Powers Boothe lui imprime une figure esthétique en diable, difficile à oublier).

Les histoires prennent moins le temps de souffler, dans J’ai tué pour elle. De l’action, de l’action, de l’action… On se sent un peu noyés, au début. On ne retrouve pas le charme noir du premier volet. Mais en fin de compte, la mécanique scénaristique est bien pensée. On chute, on se relève, on chute, on meurt… Un autre se chargera de nous relever… Beaucoup moins de doutes personnels au programme. L’ennemie, ici, c’est cette sale ville. Et sachez que nos protagonistes font tout pour la vaincre. Tant mieux : on adore les voir relever ce défi.

L’esthétique ? Toujours là. Elle sert à transformer des acteurs qu’on adore en figures de bande dessinée. Mickey Rourke, bien sûr, mais aussi Eva Green, qui devient Ava, la femme fatale, d’un coup de contraste : sur le noir et blanc, la couleur de ses beaux vêtements, et celle de ses yeux, tranchent. Les scènes choc ? On les retrouve aussi. Robert Rodriguez nous ménage quelques morceaux de bravoure, au cours desquels la ville s’en donne à coeur joie avec nos héros. Vous voulez les voir se faire éclater par tout et tout le monde ? courez voir ce Sin City.

Sin City, J’ai tué pour elle, un film réalisé par Robert Rodriguez et Frank Miller, avec Josh Brolin, Joseph Gordon-Levitt, Jessica Alba, Powers Boothe, Eva Green, Dennis Haysbert, Rosario Dawson, Christopher Meloni, Jaime King, Mickey Rourke, Bruce Willis, et Lady Gaga, Christopher Lloyd, Ray Liotta. Durée : 1h42. Sortie le 17 septembre.

Visuel : Joseph Gordon-Levitt dans Sin City, J’ai tué pour elle © Dimension Films

Visuel Une : Eva Green et Josh Brolin dans Sin City, J’ai tué pour elle © Dimension Films

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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