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Critique: Avant « Her » le DVD de Max et les maximonstres de Spike Jonze, aventure intimiste mélancolique dans l’imaginaire enfantin

Critique: Avant « Her » le DVD de Max et les maximonstres de Spike Jonze, aventure intimiste mélancolique dans l’imaginaire enfantin

19 mars 2014 | PAR Gilles Herail

Critique. Réputé inadaptable, Max et les Maximonstres a trouvé le chemin des salles obscures grâce à Spike Jonze. En proposant une aventure intimiste et mélancolique, Jonze prouve qu’on peut parler de l’enfance sans être infantile.

L’annonce avait d’abord surpris: Spike Jonze, réalisateur de Dans la peau de John Malkovitch, à la tête de l’adaptation d’un conte pour enfants ? Après le choix d’Alfonso Cuaron pour réaliser le troisième volet d’Harry Potter, Hollywood montre ainsi qu’on peut parfois se montrer audacieux dans des projets destinés au jeune public. Le choix s’est révélé ici fructueux : évitant tout sentimentalisme et intégrant le fantastique dans le réel, Max et les maximonstres étonne par sa sensibilité. On y suit le destin d’un petit garçon ordinaire qui vit dans les histoires qu’il se raconte. Se sentant abandonné et incompris par sa sœur et sa mère, il décide sous le coup de la colère de s’échapper, et se retrouve sur une île peuplée d’une famille de créatures bizarres, les maximonstres. Il va devenir roi de cette tribu d’êtres tristes qui ont du mal à coexister.

Contrairement aux pâles copies édulcorées du Seigneur des anneaux qui offrent chaque année un spectacle soi disant recommandable aux enfants (Narnia et co), Max et les maximonstres a bien compris que les effets numériques ne font pas tout. L’accumulation de créatures en tout genre, de couleurs criardes, et de morale Disney sur fond d’enfants aux yeux émerveillés a fait son temps. Il faut cependant le reconnaître : le style caméra à l’épaule et l’ambiance film indépendant nous interroge au début du film, si loin des standards de ce genre de production. L’apparition des créatures a aussi de quoi surprendre: prenant à contre pied la course au réalisme, ses grosses peluches maladroites vont recueillir tous les suffrages. Malgré un travail technique très important sur l’expressivité des visages, ces monstres respirent le bricolage caractéristique de l’imaginaire enfantin. Les décors, entre forêts et déserts apportent cette même simplicité, refusant toujours les panoramas et les étendues grandioses.

Sur l’île des maximonstres, l’enfant est toujours au centre, sans point de vue adulte condescendant. Les émotions du personnage sont ainsi changeantes, passant de grands rires à une profonde tristesse qui se transforme en colère. Le rythme du film suit ces constants changements de tons. De l’euphorie de l’enfant-roi qui met tout le monde au travail pour construire un fort, au sentiment d’impuissance devant les conflits dans le groupe. Pas besoin de trouver d’interprétations ou de sens caché à un film qui se suffit à lui-même. Porté par une bande son sublime qui colle parfaitement à l’atmosphère, Max et les maximonstres s’impose comme une évidence : parfois drôle, souvent tendre mais surtout profondément mélancolique. Le film qui rendra les parents moins amers devant le passage obligé de la séance-ciné-famille de Noêl.

Gilles Hérail

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Gilles Herail

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