Cinema
Critique : le Royaume de Ga’Hoole, une fresque épique qui manque de souffle

Critique : le Royaume de Ga’Hoole, une fresque épique qui manque de souffle

28 octobre 2010 | PAR Gilles Herail

Zack Snyder, réalisateur des cultes Watchmen et 300 a voulu surprendre en réalisant un film d’aventures animé. Malgré une maestria visuelle incontestable, le royaume de Ga’Hoole pâtit d’une durée trop courte qui ne lui permet jamais d’installer un scénario et des personnages convaincants. Une déception. Synopsis: le film suit Soren, une jeune chouette fascinée par les histoires épiques que lui racontait son père sur les Gardiens de Ga’Hoole, une bande de mythiques guerriers ailés qui avait mené une grande bataille pour sauver la communauté des chouettes des Sangs Purs.

Nourri aux comics, nerd assumé et technicien hors pair, Zack Snyder avait réussi l’exploit de rendre à la mode le genre poussiéreux du péplum avec un 300 enchainant les scènes de combats violentes sur fond de musique rock. Son dernier film, Watchmen adaptait avec une certaine réussite visuelle un des comics les plus populaires aux Etats-Unis mais en pêchant par un scénario n’allant pas au bout des enjeux soulevés par le roman graphique. Le royaume de Ga’Hoole confirme ces qualités et ces défauts. En essayant courageusement d’adapter à sa sauce le genre du film d’aventures pour enfants, Snyder ne trouve jamais le juste milieu en offrant un film trop violent pour les mômes et trop superficiel pour les autres.

On sent pourtant les bonnes intentions, nombreuses. S’inspirant de multiples références du cinéma héroïque, du Seigneur des Anneaux à Star Wars mais aussi d’une certaine littérature de contre-utopie, le film pose les bases d’enjeux intéressants. Le traditionnel apprentissage à travers un voyage parsemé d’embûches, la jalousie fraternelle et un conflit mené par un groupe de sang-purs qui veulent assurer leur domination sur les faibles. Restant fidèle à son style, Snyder ponctue les combats grandioses de quelques ralentis bien sentis qui plairont aux fans et faisant maugréer ses détracteurs. Le réalisateur s’est cependant assagi, offrant une fluidité dans ses plans qui mettent parfaitement en valeur un univers imaginaire à la Avatar. Gardant une certaine fascination pour la violence, Le royaume de Ga’Hoole est marqué par une atmosphère sombre et des batailles sanglantes, sans autocensure apparente.

La légende des gardiens manque cependant du souffle nécessaire aux grandes épopées héroïques, pour compenser son histoire convenue. C’est bien là que réside la faiblesse du film. Le pari était ambitieux. Rendre crédible un conflit épique entre deux groupes de chouettes, le tout sur une durée « film familial » de 1h40. Pari impossible au vu du résultat et d’un scénario décevant qui ne peut prendre le temps de poser ses pions et d’étoffer ses personnages. Trop rapide, trop superficiel : le spectateur adulte ne peut jamais totalement entrer dans un récit raconté de façon un peu simpliste malgré un traitement visuel adulte.

Le royaume de Ga’Hoole reste donc toujours entre deux eaux. Les images splendides aidées par une 3D discrète mais réellement utile ne font pas oublier la faiblesse d’une trame classique qui aurait mérité 1h30 de plus pour pouvoir égaler l’ampleur d’un Seigneur des Anneaux. Le résultat final ne bouscule donc pas autant que prévu les lois du film d’animation, en se révélant moins mature qu’un Dragons ou que l’ensemble des derniers Pixar. Zack Snyder semble avoir été limité et n’a pas su gardé l’indépendance nécessaire à la maitrise du projet. On attend donc le prochain pour qu’il se rattrape.

Gilles Hérail

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Gilles Herail

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