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[Critique] « Le BGG – Le Bon Gros Géant », un voyage plaisant

[Critique] « Le BGG – Le Bon Gros Géant », un voyage plaisant

19 juillet 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

Sans être une grande adaptation, ce nouveau film de Steven Spielberg parvient néanmoins à trouver de jolis équivalents pour les figures créées par Roald Dahl. Sans se précipiter, et sans céder à des schémas trop attendus.

[rating=3]

Le Bon Gros GeantUn soir, dans l’orphelinat anglais où elle vit, Sophie, une gamine qui ne dort jamais, entend des bruits curieux. A 3h15 du matin, elle voit s’avancer dans la rue une figure gigantesque, qui l’aperçoit aussi, et l’enlève. Elle se retrouve bientôt au lointain Pays des Géants, hôte du plus gentil d’entre eux, qui a pour travail de souffler des rêves dans les chambres, la nuit venue. Très rapidement, l’amitié va régner entre ces deux êtres. La seule menace pour eux sera la présence des autres géants, grands dévoreurs d’hommes…

Dans le roman de Roald Dahl, Le Bon Gros Géant, l’univers décrit compte davantage que le récit – un peu à la façon de Charlie et la chocolaterie, autre livre du même auteur. Une chance pour Steven Spielberg, qui peut donc prendre le temps de peindre un monde fantastique, et arriver, du même coup, à faire voyager. A ce titre, les idées les plus simples du film sont les meilleures : lors de la chasse aux rêves, l’entrée dans le monde inversé enchante ; les scènes dans la maison immense du gentil géant amusent, de même que ses courses à travers la ville, pendant lesquelles il prend des poses afin que personne ne le remarque… Les rebondissements du scénario sont traités de la même façon, sans pression. On remercie par ailleurs le film de ne pas avoir déplacé l’intrigue aux Etats-Unis. Et aussi d’avoir conservé le langage de ces personnages de conte, au sein duquel les mots sont mélangés à outrance.

Et les images de synthèse ? Elles sont brillantes, colorées, crédibles : on croit plutôt bien à ce monde où tout est agrandi. La faiblesse du film vient peut-être, cependant, d’un petit manque d’originalité. Côté scénario, celui-ci vient du livre : on n’y peut donc rien… Côté univers, on aurait aimé, peut-être, quelques passages un peu plus développés, ou plus sombres. Pourra-t-on nous dire que certains moments effraient déjà les enfants ? Peut-être bien. On n’est pas à leur place…

On se concentre alors sur les belles interprétations des acteurs, auxquels les effets spéciaux ménagent de la place : Mark Rylance (Wolf HallLe Pont des espions), touchant et aventureux BGG ; Ruby Barnhill, remarquable dans le rôle de sa compère, l’orpheline Sophie ; Penelope Wilton en reine d’Angleterre… Ce Bon Gros Géant reste un conte un peu trop rapide et attendu parfois, donc pas toujours profond et poétique : les fantastiques histoires de Roald Dahl demeurent ardues à transposer, on peut trouver que Tim Burton et Wes Anderson ont échoué, tandis qu’Henry Selick, lui, a su rendre en images la poésie et l’énergie du roman James et la grosse pêche. Spielberg, lui, a réussi un film à effets spéciaux assez poétique, assez intelligent, parfait pour les enfants.

Visuel : © Metropolitan Filmexport

Visuel Une : © Doane Gregory

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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