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Critique de Entre nos mains : Fières et solidaires !

Critique de Entre nos mains : Fières et solidaires !

30 septembre 2010 | PAR Gilles Herail

Documentaire sur des employés d’une usine qui tentent de reprendre leur entreprise en coopérative, Entre nos mains est une pépite qui fait un bien fou. Drôle, émouvant mais surtout énergisant, le film de Mariana Otero rappelle les vertus du collectif et de la prise en main de ses intérêts : A NE RATER SOUS AUCUN PRETEXTE.

Entre nos mains nous immerge dans l’histoire d’une entreprise de textile placée en liquidation judiciaire qui peine à trouver des repreneurs sérieux. Commence alors à germer l’idée d’une reprise par les employés sous la forme d’une SCOP (comprenez coopérative de production). Porté par l’ancienne équipe de cadres et les délégués du personnel, le projet rencontre petit à petit l’adhésion de l’ensemble des ouvrièr(e)s qui commencent à y croire.

Le film n’idéalise jamais le propos et s’attache au contraire à décrire le processus, les doutes et les allers retours qui amènent finalement à cette appropriation du projet par les employés. Plus qu’un film sur la crise du textile, Entre nos mains parle de prise de conscience et d’action collective comme une alternative possible. Très loin d’une resucée contemporaine de la vision lutte des classes, c’est bien l’ensemble des employés, cadres et commerciaux compris qui tentent de trouver une solution pour faire vivre leur entreprise. Les questionnements sont bien sur avant tout individuels (conserver son travail, maintenir un salaire…) mais le projet de coopérative arrive à créer un espoir plus grand.

Plus le film avance, plus les ouvrières passent de simples spectatrices à de véritables actrices de leur destin. La finalité malheureuse de l’entreprise importe finalement moins que le formidable réveil de l’ensemble de ces femmes (et quelques hommes !) à qui l’on donne pour la première fois la possibilité de penser par elles mêmes et de s’investir dans la vie de leur lieux de travail. Doté d’un « casting » aussi divers qu’attachant, le documentaire présente des femmes et des hommes d’origines et de cultures diverses, de différentes générations, de milieux sociaux éloignés qui vont cependant trouver une certaine émancipation grâce au projet de reprendre LEUR entreprise.

Mariana Otero ne cache pas sa présence « étrangère » dans l’histoire qui se noue et réussit à construire une grande complicité avec les employés qui lui permet de capter des sentiments plus intimes. Aussi créative et déterminée que les ouvrières qu’elle filme, la réalisatrice se permet de conclure son film sur une note optimiste et militante, malgré l’échec du projet de coopérative. Parti pris osé mais très casse gueule, elle met en scène un moment de comédie musicale où l’ensemble des employés chantent leur vision du projet utilisant leur lieu de travail comme un décor. Ce baroud d’honneur symbolise bien la force d’un film qui arrive à créer une dynamique positive malgré le drame social final de la fermeture définitive de l’entreprise.

Entre nos mains est donc un film grand public, populaire, et optimiste qui décrit une alternative possible (qui existe dans la réalité: http://www.scop.coop/P193_FR.htm), parfois avec succès, malgré les difficultés très fortes. Un film qui conteste l’hypothèse d’une fin inéluctable du monde ouvrier en y opposant une envie de faire du neuf, de proposer, de créer, de s’investir, bref de travailler dans une entreprise « entre nos mains ».

Gilles Hérail

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Gilles Herail

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