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Critique: Cogan, Killing Them Softly. Brad Pitt dans un polar d’ambiance déprimé et envoutant par le réal de Jesse James

Critique: Cogan, Killing Them Softly. Brad Pitt dans un polar d’ambiance déprimé et envoutant par le réal de Jesse James

08 décembre 2012 | PAR Gilles Herail

[rating=4]

Moins immédiat que le coup de foudre absolu de Jesse James, Killing them softly d’Andrew Dominik sait distiller sa petite musique et une atmosphère ultra personnelle. Un réalisateur à suivre, décidément.

The assissination of Jesse James by the coward Robert Ford avait été une évitable révélation. Un choc cinématographique pourtant articulé autour d’un non suspense révélé dès le titre. Qui s’articulait en réalité autour d’une ambiance, une atmosphère et une lenteur jamais plombante. Ce style brumeux, quasi contemplatif et le face à face entre Brad Pitt et Casey Affleck fascinait du début à la fin, retrouvant l’essence même du western. Killing them Softly semble s’attaquer à un genre différent. Le polar décalé à la Tarantino. Ces explosions de violence entrecoupées par des scènes très dialoguées s’étalant sur plusieurs minutes, à la limite entre le ridicule et la tension brute. Avec des personnages de bras cassés, les clichés du monde des truands et de la mafia. Mais La mort en douce est en réalité bien différent. Et plus personnel, cassant sa carapace de thriller cool pour retrouver le style du réalisateur.

La facture visuelle du film est unique. L’univers décrit mélange les époques avec des costumes, des accessoires, des voitures, des attitudes en décalage avec le contexte urbain contemporain des décors. Le film est hors du temps. Sa mise en scène le place dans le rythme du western. Cet effort sur l’esthétique du film n’est pas vain car il sert cette délicieuse atmosphère suspendue. Qui s’installe à partir d’une discussion inattendue entre Brad Pitt et une ancienne gloire de l’assassinat professionnel, devenu un déchet dévasté. Les personnages restent peu clairs, toujours entre deux eaux. Brad Pitt est au centre de l’affiche mais son personnage est relativement discret, il observe, écoute, avec une véritable intensité. Autour de lui gravitent des figures complexes, parfois inquiétantes, souvent paumées.

Cette société de gangsters qui tentent de faire respecter ses règles pour éviter les débordements n’est pas réellement le sujet du film. Qui est surtout une vraie proposition de cinéma d’ambiance. Presque aucune faute du goût jusqu’à la dernière minute très sentencieuse censée apporter un éclairage politique au film. L’idée de l’incrustation d’images de la campagne Obama/Bush/Mc Cain n’était pas inintéressante. Mystérieuse, elle aurait du rester inexpliquée, faisant confiance au spectateur pour trouver son interprétation. Les films d’ambiance ne sont pas les plus simples à raconter, ils se vivent simplement. Au risque de laisser sur le carreau ceux qui chercheront à s’accrocher à une histoire qui elle ne révolutionne pas le genre. Killing them softly n’arrive pas à la cheville de Jesse James et s’enfonce parfois dans une douce torpeur mais reste unique en son genre. Une bonne surprise.

Gilles Hérail

Killing them softly, un drame d’Andrew Dominik avec Brad Pitt, durée 1h37, sortie le 5 décembre 2012

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