Cinema
[Critique] « Casse », le documentaire : un réservoir d’histoires simples

[Critique] « Casse », le documentaire : un réservoir d’histoires simples

29 septembre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Ils récupèrent des pièces sur des voitures en fin de vie. Qui sont-ils ?… Ca, la réalisatrice ne vous le dira pas elle-même. Ecoutez-les : elle a tout fait pour.

[rating=3]

Casse AfficheEn cet après-midi d’oisiveté, ça vous dirait d’aller faire un tour à la casse ? Votre vieille auto a bien besoin de pièces… Surtout, si vous écoutiez ceux qui les récupèrent, ces pièces ? C’est cela que le documentaire de Nadège Trebal vous propose : écouter des histoires. Le film fourmille de gros plans, sur des mains et des visages au travail. N’ayez crainte : dans cette casse, tout le monde sourit. Et les gens se racontent des histoires.

Ces dernières, avec bien peu de mots, en disent pas mal. Deux travailleurs d’origine africaine se racontent leurs parcours respectifs pour subsister en France. Pas question d’être démonstratif : ils prennent leur temps, ils plaisantent. L’ampleur de leurs difficultés n’est pas pointée : elle apparaît d’elle-même. Plus tard, un travailleur originaire du Maghreb nous parlera de son fils, en train de mal tourner. Face à la caméra. Celle-ci capte une journée, avec ses heurts : la pluie qui tombe, par exemple. Ces riens, qui, bout-à-bout, deviennent de la vie, on les sent.

Pas envie d’écouter des récits de destins ? Vous estimez connaître trop d’histoires de ce type ? Il y en a d’autres, dans Casse. Celle d’une vitre à retirer d’une portière sans la fendre ; celle d’un pare-brise à décoller avec précaution… Une fois encore, c’est le traitement du temps qui fait tout. Pas besoin de commentaire. Le film, bref, sans aucune prétention, s’attarde. Il a raison.

Casse, un film de Nadège Trebal. Documentaire français. Durée : 1h27. Sortie le 1er octobre.

Visuels : © Shellac

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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