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[Critique] « Captain America : Civil War » : prenant, surprenant, très réussi

[Critique] « Captain America : Civil War » : prenant, surprenant, très réussi

27 avril 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

Des personnages toujours plus développés, des effets spéciaux pas trop envahissants et un nouveau climat : l’univers Marvel s’impose, et se réinvente encore avec ce film très attendu, qui ne déçoit pas.

[rating=4]

Préparez-vous : l’univers Marvel change de ton, encore ! On peut vous dire à l’avance que la structure de Captain America : Civil War diffère beaucoup de celle de ses prédécesseurs, les excellents Captain America : le Soldat de l’hiver, et Avengers : l’Ere d’Ultron. De façon discrète, le film s’avance vers un climat plutôt sombre, et un peu triste…

Dans cette nouvelle aventure, tout va en effet tourner autour du mystérieux Soldat de l’hiver (Sebastian Stan, très bon), personnage passionnant, et ancien ami de Captain America. Désormais fugitif, il va affronter pour de bon son passé d’assassin manipulé. L’équipe des super-héros Avengers, quant à elle, va se voir imposer un contrôle de la part des gouvernements internationaux, inquiets du nombre de morts chez les civils lors de leurs missions. Contrôle que certains vont refuser. Surprise : c’est le très frimeur Iron Man/Tony Stark (Robert Downey Jr.), appuyé par son frère d’armes James Rhodes, alias War Machine (Don Cheadle), qui y sera le plus favorable. Du fait des dissensions, quelques héros vont franchir la limite qui sépare la justice de l’illégalité…

Au long de ses deux heures vingt-sept, ce Civil War développe un scénario tendu qui, s’il n’est pas exempt de défauts, sait faire exister de vrais personnages, et nous accrocher. On aime aussi, dès le départ, la fluidité de la réalisation des frères Russo : dans les premières scènes de combat, leurs caméras collent aux héros, et nous font quasiment épouser leur point de vue.

Outre ces qualités artistiques, le film sait nous offrir ce qu’on est un peu venu chercher : une belle scène d’ouverture par exemple, où Captain America (Chris Evans), la Sorcière Rouge (Elizabeth Olsen), le Faucon – joué par un grand acteur, Anthony Mackie – et la Veuve Noire (Scarlett Johansson) effectuent un travail d’équipe explosif, et lourd de conséquences ; ou une introduction de Spider-Man minutée, mais réussie, avec un Tom Holland très pêchu et très convaincant, qu’on va vite retrouver dans les films solo de l’Homme-Araignée. L’autre révélation, le héros Black Panther, incarné par Chadwick Boseman, a quant à lui toute la place pour imposer sa personnalité tranchante. Le prochain film Marvel lui sera entièrement dédié…

Et si on se réjouit du rôle d’Ant-Man (Paul Rudd), simple mais ultra efficace, on aurait aimé voir davantage Hawkeye (Jeremy Renner) et la Vision (Paul Bettany), habillé en civil pour l’occasion. On est heureux aussi, au final, de retrouver Daniel Brühl, hyper engagé dans son rôle comme d’habitude. Enfin, on est heureux d’être surpris, car on espère toujours un peu l’être, avec Marvel. On sent l’affrontement, les deux équipes qui s’opposent en un duel épique, mais le film sait également rester une aventure solo de Captain America, et ménager une avancée au personnage. On se dit donc : « Vivement la suite », non pas pour les effets spéciaux, mais en raison de l’univers de ces héros. Qui n’a pas fini de nous passionner.

Visuels : © Walt Disney Company

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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