Cinema

Crise du cinéma : info ou intox ?

05 novembre 2009 | PAR Soline Pillet

Plus de 2 000 salles de cinéma ont procédé à l’opération « enseignes éteintes » mercredi 4 novembre de 18h à 19h afin de sensibiliser public et politiques aux difficultés économiques auxquelles l’industrie doit faire face.

Alors que les recettes du cinéma semblent florissantes – déjà 200 millions d’entrées pour 2009 -, la FNCF (Fédération nationale des cinémas de France) a appelé les salles de cinéma à éteindre leurs façades une heure durant. Cette mobilisation vise à interpeler Frédéric Mitterrand et protester contre le récent passage de la loi Hadopi permettant aux DVD d’être commercialisés seulement quatre mois après la sortie des films en salle. Alors que cette loi, sensée lutter contre le piratage, devait enchanter les patrons de salles, elle continue de diviser en soulignant que l’industrie est à deux vitesses : multiplexes contre cinémas indépendants, surtout en province.

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Si la fréquentation des multiplexes a augmenté de 10 % par rapport à 2008, les zones rurales connaissent une baisse de 5 % des entrées, voire de 10% dans les villes de moins de 20.000 habitants. On ne peut donc parler d’une crise généralisée. La FNCF demande à Frédéric Mitterrand une mesure qui permette de mieux rémunérer les salles. Aujourd’hui sur le prix d’un ticket de cinéma, 19% représentent les diverses taxes et 50 % du prix sont répartis entre les ayants droit (producteurs du film) et les exploitants de salles. Ces derniers souhaiteraient percevoir 55 % du prix net. Les ayants droit devraient donc revoir leur part du gâteau à la baisse.

L’autre problème auquel sont confrontées les petites salles est celui de la numérisation. Le Centre national de la cinématographie (CNC) a déjà pris des mesures l’année dernière en faveur des salles art et essai mais souhaite poursuivre en les aidant à s’équiper en projection numérique afin d’éviter la bipolarisation entre petits et gros. Le passage à la projection numérique coûtera entre 450 et 500 millions d’euros selon le président de la FNCF, dont un quart sera à la charge des exploitants de salles. Si Frédéric Mitterrand a du pain sur la planche, l’opération « enseignes éteintes » aura au moins contenté les écologistes !

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Soline Pillet
A 18 ans, Soline part étudier la danse contemporaine au Québec puis complétera sa formation par les arts visuels à l’Université de Brighton. Au cours de son apprentissage, elle participe à des projets éclectiques en tant que danseuse. Également passionnée par l’écriture, elle rejoint les bancs de la fac en 2007 afin d’étudier la médiation culturelle à la Sorbonne Nouvelle. C’est par ce biais qu’elle s’ouvre au théâtre, au journalisme, et à toutes les formes d’art. Aujourd’hui, Soline rédige un mémoire sur la réception critique de la danse contemporaine tout en poursuivant sa passion pour la danse et l’écriture. Après avoir fait ses premiers pas de critique d’art pour le site Evene, elle rejoint l’équipe de la Boîte à Sorties en septembre 2009.

2 thoughts on “Crise du cinéma : info ou intox ?”

Commentaire(s)

  • MOI

    Contre une sortie en DVD 4 mois après?!!! Ils savent très bien que cela devient de plus en plus cher d’aller au cinéma : 2 places adultes = presque 19€ ; 1 DVD = 19,90€ en moyenne ; 2 places adutes dans un petit cinéma de campagne avec des moyens d’image médiocre = parfois 22€; un blu-ray = 29,90€, alors maintenant M. FNCF, demandez vous pourquoi la fréquentation baisse. CQFD.

    PS : Refaites les calculs avec une famille de 2 adultes et 2 enfants, et je vous laisse réflechir!

    novembre 5, 2009 at 6 h 19 min
  • Très juste calcul de MOI ci-dessus.
    D’autre part, il manque quelque chose dans votre répartition et elle me semble très différente de la répartition classique du ticket de cinéma. 50+19=69%… Il en manque non ?

    novembre 5, 2009 at 15 h 26 min

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