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A Cannes, en sélection à l’ACID, « Nous, les Coyotes » nous confrontent à une réalité parfois brutale

A Cannes, en sélection à l’ACID, « Nous, les Coyotes » nous confrontent à une réalité parfois brutale

14 mai 2018 | PAR Aurore Garot

Réalisé par Hannah Ladoul et Marco La Via et présenté dans la section ACID au festival de Cannes ce lundi 14 mai, Nous, les Coyotes est une histoire remarquablement réaliste au cœur de Los Angeles, la ville des rêves (souvent) brisés. Structuré comme un road-movie, ce film indépendant mérite plus qu’un simple coup d’œil. 

Ce film à petit budget est une fiction qui n’en est pas vraiment une. Inspirée des expériences personnelles des réalisateurs, elle raconte l’histoire d’Amanda (Morgan Saylor) et Jake (McCaul Lombardi un jeune couple débarquant à Los Angeles pour démarrer une nouvelle vie. A peine arrivés, les deux personnages enchaînent mésaventures sur mésaventures, de l’entretien d’embauche raté à la mise en fourrière de leur voiture, seul bien qu’ils possèdent. Une journée régie par la loi de Murphy, mais qui sera l’ une des plus importantes de leur vie.

Nous, les Coyotes, c’est un road-trip poétique et musical dans les quartiers de la ville californienne. Les spectateurs avancent avec les personnages dans ces lieux inconnus, sans retourner sur leurs pas, telle une fuite en avant pour se réaliser. Ils découvrent et vivent la Cité des Anges, avec son ambiance (accentuée par une fantastique BO dont une partie a été fait sur-mesure pour le film), sa magie, sa chaleur mais aussi ses rêves brisés. Pas de personnages qui veulent devenir de grandes stars hollywoodiennes, pas de happy ending à la mord-moi-le-nœud: Juste deux jeunes adultes qui veulent vivre leur petite vie tranquille ensemble et…qui galèrent. Amanda arrive en pensant que tout allait être simple et facile et que tout serait régler à peine le pied posé sur ce nouveau territoire. Sa naïveté la perd, mais sa prise de conscience de la réalité au fur et à mesure de la journée, lui fera perdre son insouciance pour gagner quelque chose de plus important : sa liberté.

Présent pour la troisième année consécutive à Cannes, McCaul Lombardi (que nous avons vu dans American Honey, prix du jury en 2016, et Patti Cake$ en 2017) est un acteur à suivre de très près. Difficile de ne pas plonger dans la profondeur mélancolique de ses yeux clairs et de ne pas croire que Jake et lui ne sont qu’une seule et même personne, alors que l’acteur lui-même a vécu les  difficultés que les personnages (lors de son arrivée à L.A, l’acteur a du dormir six mois dans sa voiture avant que celle-ci soit embarquée par la fourrière). De même pour Morgan Saylor qui avant de commencer le tournage, était sur le point de déménager de Chicago à L.A…Les deux acteurs ont réussi à faire ressortir de leurs personnages, leur propre vécu. De ce réalisme incontestable, réside toute la justesse du film de Hannah Ladoul et Marco La Via.

Ce film indépendant est un plongeon dans la dureté de la vie et de la ville inconnue à conquérir à travers une histoire qui va à contre-sens des clichés mettant en avant le rêve américain dans toute sa splendeur, qui parle à tous, et qui montre que les décisions prises dans une journée peuvent changer toute une vie.

Visuels : ©Studio Orlando

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