Cinema
[Compétition] « Sicario » : Denis Villeneuve emmène Emily Blunt à la frontière du Mexique

[Compétition] « Sicario » : Denis Villeneuve emmène Emily Blunt à la frontière du Mexique

19 mai 2015 | PAR Yaël Hirsch

Le réalisateur canadien de PrisonersEnnemy, et surtout Incendies, signe un « thriller de frontière » avec un casting de rêve. Sicario (qu’on peut traduire par « Tueur à gage »), propose de de belles images pour un contenu trop remâché…

[rating=3]

Pour lire l’interprétation bureaucratique du film par notre team Toute La Culture anglophone à Cannes; c’est ici.

A la frontière du Mexique et des États-Unis, les cartels de la drogue ont transformé les rues en jungle où flics et civils sont plus ou moins à leur service, juste pour survivre avec leurs familles. Ils mutilent les corps de leurs victimes avec sauvagerie dans un rayon d’action de plus en plus vaste où l’on est revenu à la guerre de chacun contre chacun.

Agent du FBI en chargé des kidnapping et prises d’otages, Kate (Emily Blunt, touchante en garçonne) se trouve aux prises avec ce monde lors d’une opération dans son Texas qu’elle imagine encore répondre aux codes de l’état de droit. Après avoir exhumé une trentaine de cadavres mutilés et perdu 2 hommes dans la fouille de la maison d’un Dauphin des cartels, elle accepte de rejoindre une mission du ministère de la Défense en charge de débouter les narcotrafiquants.

Sous l’égide d’un cow-boy en tongs (Josh Brolin dans un non-personnage) et du mystérieux Alejandro (Benicio Del Toro qu’on remercie tout juste pour les traductions de l’Espagnol), elle subit plus qu’elle n’agit  dans une opération de « coup de pied dans la fourmilière » très peu légale …

Si l’ambiance moite à la « Soif du mal » est plutôt réussie, grâce à une jolie photo, ce Sicario ne nous épargne aucun cliche de son genre : paternalisme et machisme primaire des flics, cruauté et torture attendues et gratuites, grands déserts angoissants, addictions de flics stressés, et l’ordre de la loi mis en question par le degré de vilenie des mechants qu’il faut battre à leur propre jeu.

Continuant d’interroger l’Etat d’exception à travers ce nouveau film, Denis Villeneuve joue la carte du genre en oubliant de dessiner de vrais personnages et de donner à l’intrigue un peu de densité humaine. Heureusement, ce qu’Emily Blunt fait de son personnage sauve le film des profondeurs de l’ennui.

Sicario, de Denis Villeneuve,avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Jon Berntha, USA, 2015, 02h01min, En compétition, metrofilms, sortie le 7 octobre 2015.

Retrouvez tous nos articles sur le 68ème festival de Cannes dans notre dossier Cannes 2015.

Visuels : (c) DR

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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