Cinema
Colonel Blimp, un joyau de Michael Powell et Emeric Pressburger restauré

Colonel Blimp, un joyau de Michael Powell et Emeric Pressburger restauré

09 avril 2012 | PAR Yaël Hirsch

Histoire drôle d’amitié entre un soldat britannique et un soldat allemand à travers 3 guerres du 20e siècle, « Colonel Blimp » (1943) est un des premiers chefs d’oeuvres du duo mythique de « The Arch »: Michael Powell et Emeric Pressburger. Si l’humour so british du film le rend vraiment irrésistible, il surprendra les fans des deux perles également restaurées sur une initiative de Martin Scorcese, fan n°1 des deux cinéastes anglais : Le narcisse noir (1947) et Les chaussons rouges (1948). Actuellement à nouveau en salles.

1943. Dans la Grande-Bretagne en pleine guerre, un jeune soldat britannique chahute dans un hammam le major-général Wynne Candy (Roger Livesey) pour son ventre et son âge. Furieux, celui-ci lui met une raclée bien mérité, avant de transmettre – en flash-back- son expérience de bravoure et d’honneur qu’ont été la guerres des Boers (1902), la Première Guerre mondiale, et la situation difficile en Angleterre pendant le siège de Dunkerke. Prévenu par une jeune nanny anglaise (Déborah Kerr) que les Allemands salissaient l’honneur des Anglais à propos de la guerre des Boers, ancien soldat dans cette guerre, Candy décide de son propre fait de quitter Londres pour convaincre les soldats germaniques du courage et de la bravoure des soldats britanniques. Ce faisant, il s’engage dans un duel avec l’officier Theo Kretschmar-Schuldorff (Anton Walbrook), qui les mène tous les deux çà l’hôpital où ils deviennent très amis autour de  la nanny anglaise (Deborah Kerr) que Candy laisse avec joie à un collègue allemand très épris. Les deux amis de deux nations ennemies se retrouvent à l’occasion des deux grandes guerres mondiales, toujours autour d’une autre femme, interprétée par une Deborah Kerr toujours plus fraîche.

« Vous ne savez pas ce que ça fait d’être vieux ». Colonel Blimp serait né de cette repplique du film du duo : « Un de nos avions n’est pas rentré » (1942). Avec un humour décapant, mêlé d’une tendresse infinie, ce grand film campe une amitié pétrie d’honneur, d’amour et de fidélité. Une amitié à la « Grande illusion » (1937), humanisée par les personnages vivants qu’incarne Deborah Kerr. Cette très belle idée de trois femmes pour 3 rencontres des guerriers vieillissant ancre ces Jules et Jim à l’ironie britannique dans une profonde gravité : celle du premier amour. La restauration de l’Academy Film Archive redonne toutes ces couleurs à ce film qui fut interdit à sa sortie, de peur qu’il ne démotige les troupes contre l’ennemi allemand. Un trésor du cinéma anglais à voir ces jours-ci sur grand écran.

« Colonel Blimp », (« The life and death of colonel Blimp ») de Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER, avec Roger Livesey, Anton Walbrook, Deborah Kerr, Royaume-Uni, 1943, 163mn, Technicolor, à nouveau en salles en version intégrale, numérique et restaurée depuis le 4 avril 2012.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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