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Cinemed 2022 : l’Antigone d’or décernée à Ashkal

Cinemed 2022 : l’Antigone d’or décernée à Ashkal

31 octobre 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Au terme de l’édition 2022 du Festival du Cinéma Méditerranéen, déroulée à Montpellier, le tunisien Ashkal repart avec l’Antigone d’or.

A l’issue de cette édition 2022 du Cinemed, on remarque que les films récompensés côté fiction mêlent conflits d’hier et d’aujourd’hui, et identités en construction, cette dernière prenant parfois des années. Le quarante-quatrième Festival du Cinéma Méditerranéen s’est terminé, donc, avec la remise à Montpellier de son Antigone d’or. Elle a couronné cette année Ashkal. Réalisé par le tunisien Youssef Chebbi, ce film noir s’est vu projeté pendant le Festival de Cannes 2022 précédemment, dans le cadre de la Quinzaine des cinéastes. Il suit deux policiers enquêtant sur des corps brûlés vifs, dans un Tunis hanté par des événements de son passé. Le film se voit donc décerner une dotation de 15 000 euros attribuée par Montpellier Méditerranée Métropole.

A noter qu’il a aussi l’honneur de remporter le Prix de la critique – BNP Paribas, qui permet à son réalisateur de toucher 2 000 euros (attribués par BNP Paribas), et le Prix JAM de la meilleure musique, représentant également 1 200 euros et doté par le JAM, Salle de concert, Ecole de jazz et de musiques actuelles. Une récompense qui couronne donc le compositeur Thomas KuratliAshkal sortira dans les salles françaises le 25 janvier 2023, distribué par Jour2Fête.

La Nuit du verre d’eau, Alma Viva et Pour la France

Suite aux votes des spectateurs du Festival, le Prix du Public Midi Libre long-métrage va à La Nuit du verre d’eau, de Carlos Chahine. Ce drame qui se situe à la fin des années 50 dans les montagnes du Liban, alors que la guerre s’approche, suit la révolte d’une femme, interprétée par l’actrice Marilyne Naaman. Avec notamment face à elle Pierre Rochefort et Nathalie Baye. Son réalisateur remporte donc 2 000 euros, décernés par Midi Libre.

Quant au Prix étudiant de la première œuvre – CCU/CROUS, remis suite aux votes d’étudiants de Montpellier et représentant 1 500 euros décernés par le Centre Culturel Universitaire et le CROUS, il va à Alma Viva. Réalisé par la franco-portugaise Cristèle Alves Meira, ce drame s’est vu montré pendant le Festival de Cannes 2022 auparavant, dans le cadre de la Semaine de la Critique. Il s’attache à une petite fille confrontée, dans les montagnes du Portugal, à la mort de sa grand-mère, à sa réputation de sorcière qui hante les alentours, et à sa propre enfance à elle. Alma Viva sortira dans les salles françaises le 15 mars 2023, distribué par Tandem.

Le très réussi Pour la France, de Rachid Hami, gagne lui le Prix des activités sociales de l’énergie. Ce drame sur fond d’identités déplacées se déroulant entre Alger et Taipei, en passant par Paris et ses banlieues, aura droit à dix projections dans les centres de vacances du CCAS. Joué par le magnifique Karim Leklou, il sortira dans les salles françaises le 15 février 2023, via Memento Distribution.

Les Prix décernés aux Courts-métrages et aux Documentaires

Côté courts, les lauréats paraissent osciller entre peinture de croisées des chemins d’aujourd’hui, et périls du futur, à redouter. Le Grand Prix du Court-Métrage de Montpellier Méditerranée Métropole va à Cuerdas, de l’espagnole Estibaliz Urresola Solaguren. Son film met en scène un chœur de femmes à la croisée des chemins quant aux financements qu’elles reçoivent. A titre de récompense, la réalisatrice touche 4 000 euros de Montpellier Méditerranée Métropole, et 1 000 euros en prestation post-prod de la part de Force de l’image Prod. A noter que les jurés ont également distingué avec une Mention spéciale Virée sèche, du français Théo Laglisse, qui lâche un jeune adepte des drogues et sa sœur dans un Marseille sans eau.

Le Prix du public La Gazette / Titra Film distingue A.O.C. de Samy Sidali, qui s’intéresse à une famille francisant ses prénoms. Le réalisateur repart avec 1 000 euros de La Gazette et 500 euros en prestation DCP de la part de Titra Film. Ce court-ci rafle aussi le Prix Jeune Public Ville de Montpellier, qui représente 2 000 euros et est doté par la Ville. Quant au Prix Canal+, avec à la clé l’achat du film récompensé pour diffusion à l’antenne, il va à Tria – Du sentiment de trahir. Signé par l’italienne Giulia Grandinetti, il imagine une Rome où les familles d’immigrés ne peuvent avoir que trois enfants.

Le documentaire récompensé, au final également, par le Prix Ulysse Decipro – Montpellier Méditerranée Métropole, est Gardien des mondes. Signé par Leïla Chaïbi, il se penche sur la vie d’un cimetière, en Tunisie. Sa réalisatrice se voit gratifiée de 2 500 euros, de la part de Decipro et du Réseau des médiathèques Montpellier Méditerranée Métropole. Avec une Mention spéciale, aussi, à Tutto apposto gioia mia, de Chloé Lecci Lopez, qui fait dialoguer les destins de son père en prison et celui d’un jeune de dix-huit ans, en Sicile.

Bourse d’aide au développement et Du court au long

Pour la trente-deuxième année, la Bourse d’aide au développement choisit ses lauréats, dans le cadre du Cinemed. Parmi les quatorze projets sélectionnés cette annéeAisha ne s’envolera plus de Morad Mostafa (Egypte), qui s’intéresse aux africains du Caire, obtient 8 000 euros du CNC et 2 500 euros en prestation post-prod son de la part de Titra Film. A la recherche de Woody de Sara Shazli (Egypte, également), qui suit le destin d’une fille face à sa mère absente, à deux âges de son existence, gagne 4 000 euros de la Région Occitanie et 5 000 euros en prestations post-prod de la part de French Kiss Studio et Saraband. Quant à Jugoslava, d’Ivan Bakrac, produit par Guillaume de Seille et Arizona Films, il reçoit une résidence d’écriture, de la part du Centre des écritures cinématographiques du Moulin d’Andé. Son scénario s’attache à une heroïne cinquantenaire se trouvant esseulée, dont la vie va connaître des changements, en partie grâce à un projet de déménagement.

Pour la huitième année également, le programme Du court au long distingue plusieurs projets. Sur les treize sélectionnés, Milah d’Amos Holzman (Israël), qui se passe pendant une cérémonie de circoncision où le rabbin s’effondre et laisse son apprenti seul, vaut à son auteur une résidence d’écriture, offerte par Méditalents, au LabMed 2023. Avec aussi une Mention spéciale et une présélection à la même résidence pour L’Apocalypse arabe, projet de Samy Sidali, reparti déjà avec deux prix pour son court au terme de cette édition 2022. Un scénario au cœur duquel sera présente, cette fois, la disparition de la faculté de rêver.

Le réalisateur Théo Laglisse, lui aussi déjà lauréat d’une Mention pour son film court en cette édition, gagne également une résidence d’écriture au Moulin d’Andé/CECI, pour son projet Laser love tornado, centré sur un groupe de jeunes consommant une drogue magique en pleine montagne. Une mention spéciale pour cette même résidence, qui prépare le cinéma de demain, distingue enfin Léonore Mercier pour son projet Leitmotiv, qui peint un futur où les hommes peuvent se connecter à une usine à idées.

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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