Cinema

Cinéma : The Wrestler, de Darren Aronofsky

18 février 2009 | PAR Yaël Hirsch

the-wrestlerAprès le fiasco de la grandiloquente “The Fountain”, le jeune réalisateur surdoué de « Pi » et de « Requiem for a dream » offre à ses fans un film à visage humain : celui buriné et solitaire de Mickey Rourke dans son propre rôle. Jackpot complet pour ce film tendre et fort qui a obtenu le Lion d’or à la Mostra de Venise en 2008 et pour lequel Rourke a décroché le Golden globe 2009 du meilleur acteur. Sortie le 18 février.

Star du catch dans les années 1980, Randy (Mickey Rourke) vit seul dans un mobile home et fait des petits combats de quartiers dans des bleds du New-Jersey et largement grimés pour un public de plus en plus vieux et parsemé. Terriblement seul et incapable de s’adapter, il tente de renouer avec sa fille qu’il avait abandonné et de commencer une romance avec une strip-teaseuse au grand cœur. Lorsqu’on lui propose de refaire le plus important match de sa vie, vingt ans après, le catcheur est tenté, mais son état de santé est critique et son cœur risque à tout moment de le lâcher.

Après les débauches métaphysiques et budgétaires non abouties de « The Fountain » autour de la superbe Rachel Weisz, la simplicité de « The Wrestler » tourné en 35 jours ( !) a surpris et parfois déçu de nombreux fans d’Aronofsky. Et pourtant, le film est un vrai chef d’œuvre. Original, il s’intéresse aux sous-réseaux du monde catch, milieu bien moins fouillé par le cinéma que la boxe et pourtant terriblement vivant aux Etats-Unis où le show WWE Superstars (World Wrestling Entertainment) devrait revenir au printemps 2009.

Concentrée sur le visage marqué et la crinière teinte de Mikey Rourke, la caméra de Darrend Aronofsky offre à l’acteur terrible un come-back époustouflant (il est même sur la liste des Oscars 2009) dans un rôle plus vrai que nature de « has-been » touchant. Nominée elle aussi aux oscars pour son second rôle, Marisa Tomai (7h58 ce samedi-là, Factotum, In the Bedroom) apporte une touche de grâce et d’humanité à ce film brutal et renforce encore la fragilité du personnage principal.

L’économie des images est absolument fascinante et la manière dont Aronofsky coupe systématiquement les plans avant leur aboutissement donne un rythme lancinant à ce « Wrestler » qui échappe au documentaire pour devenir un grand film.

Voici la chanson de Bruce Springsteen, « The Wrestler », composée pour le film.


 

Yaël Hirsch

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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