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Champs-Elysées Film Festival 2019, le récap’ !

Champs-Elysées Film Festival 2019, le récap’ !

03 juillet 2019 | PAR melanietlmt

Malgré son nom intimidant, le Champs-Elysées Film Festival était cette année encore une réussite, aussi bien en terme de programmation que d’ambiance générale.

Pour sa huitième édition, le festival, qui s’est déroulé comme à son habitude sur la célèbre avenue parisienne à laquelle il doit son nom, réunissait à l’affiche une production aussi riche qu’éclectique. Long-métrages, court-métrages et documentaires américains et français se sont succédés à un rythme effréné du 18 au 25 juillet. Et oui, la canicule a envahi la capitale pile au bon moment, permettant aux festivaliers d’apprécier d’autant plus la fraîcheur des salles de cinéma ! Parmi le véritable festin de films indépendants qu’ils ont pu (re)découvrir sur grand écran, certains étaient pourtant assez caliente, comme Showgirls de Paul Verhoeven ou Her Smell de Alex Ross Perry.
Retour sur un marathon intense dans les salles du VIIIe arrondissement qui aura laissé les cinéphiles aussi comblés qu’épuisés !

Les temps forts : entre rétrospectives éclairantes et avant-premières attendues

La journée du jeudi 20 juillet était consacrée à l’acteur Kyle Maclachlan (la série Twin Peaks, Blue Velvet) qui devait présenter avec quelques mots la rétrospective Showgirls, l’extraordinaire plongée dans le Las Vegas flamboyant et vulgaire de Paul Verhoeven, sorti en 1991. Bien que du fait d’un problème personnel, il n’ait pu être présent, c’était un réel bonheur de (re)voir ce film sur grand écran. Quant à sa masterclass, elle a bien évidemment fait salle comble, tout comme celle de Christopher Walken, auquel était consacré la journée du vendredi. Plus confidentielle, l’oeuvre de la réalisatrice Debra Granik a elle aussi su trouver son audience, et son énergie communicative a à n’en pas douter permis aux festivaliers qui ne la connaissaient pas de s’intéresser à sa production (une rétrospective permettait de -re-visionner Down to the Bone ou Winter’s Bone).
Côté inédits, les avants-premières de The Pretenders, le nouveau film de et avec James Franco, Dragged Across Concrete (S. Craig Zahler), The Old Man and The Gun (David Lowery), Her Smell (Alex Ross Perry) ou encore Les Faussaires de Manhattan (Marielle Heller) ont capté l’attention des cinéphiles. Notre coup de coeur est sans doute l’histoire du groupe Something She, portée par la magnétique Elizabeth Moss (The Handmaid’s Tale) qui se glisse dans la peau de la chanteuse addict et torturée avec une rare puissance de jeu.

Les récompenses : mise en lumière de Saint Frances

Le jury du Champs-Elysées Film Festival, composé du réalisateur Stéphane Brizé (En Guerre), l’actrice Clotilde Hesme (Chocolat), le comédien Grégoire Ludig (le Palmashow), la chanteuse Jeanne Added, le chorégraphe Yoann Bourgeois, l’humoriste Océan et la réalisatrice Danielle Arbid (Peur De Rien), a récompensé les vainqueurs mardi 25, lors de la cérémonie de cloture. Côté France, c’est Vif-Argent de Stéphane Batut qui a été primé ; côté États-Unis, le Pahokee d’Ivete Lucas et Patrick Bresnan. Le public, lui, a préféré le Frère d’arme de Sylvain Labrosse et le Saint Frances de Alex Thompson, deux long-métrages de genres diamétralement opposés. Quant au jury presse, composé des journalistes Sarah Drouhaud, Sylvestre Picard, Romain Burrel et Iris Brey, il a lui aussi choisi de récompenser Saint Frances côté USA, puis de primer Daniel fait face (Marine Atlan) côté hexagone.

Cerise sur le gâteau : une programmation musicale enthousiasmante

100% Frenchies, les concerts qui se sont déroulés tout au long de la semaine, sur le rooftop du Publicis ont enchanté les oreilles des festivaliers, entre Silly Boy Blue, Adam Naas, Hervé, Petit
Fantôme, Irène Dresel et Claire Laffut. Mention spéciale à Adam Naas, dont l’allure androgyne et les vocalises puissantes ont réchauffé l’auditoire du rooftop, que l’air de la nuit parisienne avait bien refroidi (et oui, c’était pile-poil avant la canicule…). Les soirées d’ouverture et de clôture étaient rythmées par les show de Corinne d’un côté (à la Maison du Danemark), Fishbach et Sônge de l’autre (au Théâtre Marigny). À chaque fois, les personnes présentes étaient enthousiasmées par l’énergie communicative de l’artiste présent, qui semblait aussi ravi d’être là que son auditoire. Il est assez rare que les concerts se déroulant dans des lieux réputés guindés se déroulent avec autant de fluidité et de naturel. Les festivaliers se sont lâchés sur le dancefloor : un vrai régal !

Conclusion : à faire, et à refaire !

Sophie Dulac, la présidente du festival, avait concocté une huitième édition aux petits oignons. Découvrir un long-métrage aride et douloureux de Debra Granik, revoir l’exubérant et mésestimé Showgirls, découvrir les adolescents touchants de Pahokee ou encore les jeunes poètes très « Nouvelle Vague » du dernier film de James Franco constituaient tout autant de plaisirs cinéphiles. En sortant des projections, éblouis par le soleil et ayant encore un morceau de son cerveau dans la salle obscure, on ne pouvait s’empêcher de se féliciter que le cinéma soit un art aussi divers, riche, varié. Ce festival est une déclaration d’amour au 7ème Art à la fois confidentielle et à la fois conviviale, ce qui fait son indubitable charme. Un mix aussi pointu que « bonne franquette » qui donne envie de se déplacer sur les Champs, comme l’a si bien dit un des artistes présents, une chose dont les parisiens ne sont habituellement pas friands ! Bref, on a déjà hâte d’être à l’année prochaine pour vivre de nouveau cette expérience enthousiasmante et enrichissante…

 

Visuel : ©MT

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