Cinema

« Captain Marvel », blockbuster léger et soigné

« Captain Marvel », blockbuster léger et soigné

07 mars 2019 | PAR Geoffrey Nabavian

Ce film qui amène l’introduction d’une nouvelle super-héroïne dans l’univers Marvel, se distingue par des personnages plutôt bien écrits, qu’on prend plaisir à suivre. L’humour, le rythme et les scènes d’action soignées assurent aussi le spectacle.

En ce mois de mars 2019, Avengers : Endgame se profile, et va conclure tout un cycle de films ayant mené les super-héros issus des comic-books à la grande lutte contre Thanos. Un peu plus d’un mois avant la sortie du blockbuster événement, un nouveau personnage, Captain Marvel, entre en action, dans un film qu’on peut trouver à la fois léger et soigné. Formée au combat par les extraterrestres Kree, elle se trouve séparée de sa patrouille lors d’une mission, et se découvre bientôt de nouveaux objectifs. Très personnels, pour certains… Son aventure a lieu entre l’espace et la Terre, que les Kree appellent « Planète C-53 » et considèrent comme un secteur négligeable, en mal de développement.

De l’humain chez les personnages

On peut trouver le film bien écrit : les chemins qui mènent l’héroïne sur la Terre se justifient, et au moins, le piège de la découverte des habitudes terriennes par ce personnage principal est évité. Elle se lance donc sans trop de mal à l’assaut de ses ennemis dans les rues de Los Angeles, et forme donc d’emblée un duo de choc avec Nick Fury, qu’on est heureux de voir autant, au sein du film. D’autant plus que cette fois, pas mal de détails entourant son personnage sont révélés : Samuel L. Jackson s’amuse comme un fou, à ce titre.

Côté protagonistes, les caractères sont taillés, bien évidemment, pour le format blockbuster. Mais les articulations du scénario leur laissent de la place pour exister. Et bien que l’action reprenne ses droits au final, certains rebondissements dans l’intrigue paraissent plus fins que dans d’autres films à gros moyens. On vibre donc plus volontiers aux côtés de ces personnages, car ici, le récit leur laisse le temps d’expliquer leurs motivations et leur nature profonde (bien que certains, du fait de la durée de deux heures réglementaire, aient moins de place pour s’exprimer).

Une technique qui assure le spectacle

Si la réalisation d’Anna Boden et Ryan Fleck n’est pas extrêmement inventive, elle n’en offre pas moins plusieurs scènes d’action rythmées, qui peuvent se dérouler dans l’ombre d’une planète étrangère, dans un bureau d’archives ou entre la Terre et l’espace (celle-ci, bien qu’un peu courte, restant assez réjouissante). Et les acteurs prennent l’histoire et l’univers à cœur, à l’image de Brie Larson, très charismatique, de Jude Law, qui s’amuse et se donne à fond, et de Ben Mendelsohn, enfin dans un emploi plus intéressant que son sempiternel rôle de méchant ténébreux. Quant à l’humour, il apparaît bien dosé. La partie terrienne étant sise dans les années 90, on aime notamment les références à l’Internet d’alors, répétées sans que l’on s’en lasse.

Tout est donc réuni pour qu’on considère Captain Marvel comme réussi, et même plus : on peut trouver que le film fait montre, tout du long, d’une écriture assez fine, qui rend ses personnages vraiment attachants, malgré leur statut de héros de blockbuster calibré. Ce faisant, il va un peu au-delà de sa qualité de pur divertissement, et offre aux spectateurs de vrais bons héros de cinéma. Charismatiques, qu’ils aient des pouvoirs ou pas.

Si Captain Marvel est dans les salles françaises depuis le 6 mars, Avengers : Endgame, prochain film estampillé Marvel, sortira le 24 avril 2019.

Visuels : © Marvel Studios 2019

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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