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[Cannes] « Party Girl » ouvre la section « Un certain regard » avec des accents émouvants de cinéma-vérité

[Cannes] « Party Girl » ouvre la section « Un certain regard » avec des accents émouvants de cinéma-vérité

15 mai 2014 | PAR Yaël Hirsch

Trois surdoués de la Femis, Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis passent derrière la caméra pour filmer une histoire « vraie ». Celle d’une femme de 60 ans qui n’a connu que la vie d’oiseau nocturne et qui apprend à se « ranger ». Party Girl est un portrait de femme à la fois populaire et pointu, poignant et pudique. Avec dans le rôle-titre, l’héroïne de l’histoire qui a inspiré le film.

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A 60 ans, dans une bourgade à la frontière de l’Allemagne et la France, Angélique (Angélique Litzenburger dans son propre rôle) a 60 ans passés, des petits-enfants et pourtant, elle continue d’exercer son métier de strip-teaseuse et  de vivre une vie de fête, la nuit. Lorsque son client le plus adorable (Joseph Bour) lui demande sa main, elle se décide à sauter le pas et à ranger sa vie. Malgré la tendresse, la grande maison et le soulagement de renouer avec la fille qu’elle avait dû laisser en adoption à l’âge de 6 ans, l’envie de boire, et vivre en club la nuit continue de la tarauder.

Très proches du style de Rebecca Zlotowski (présidente cette année du jury de la Semaine de la critique), les images léchées et bleutées de Party Girl filment une histoire à la fois populaire et vraie. Ancré dans « une histoire vraie » et porté par l’héroïne de cette histoire, le film émeut très fort : Angélique Litzenburger est, à temps, absolument bouleversante quand elle revit des épisodes de sa vie. Surtout, alors que nous sommes débordées d’histoires sentimentales et sexuelles de sexagénaires (Elle s’en va, Les Beaux jours, 3X20 ans), en suivre une qui sort du cadre bourgeois un peu lisse à laquelle l’amour au troisième âge était cantonné est rafraîchissant. UN magnifique portrait de femme, humainement et socialement juste, qui ouvre toute en poésie et sur les notes irrésistibles de « Still Loving you » des Scorpions.

Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, avec Angélique Litzenburger, Joseph Bour, France, 1h35. Pyramide distribution. Sortie le 3 septembre 2014. Ouverture et candidat dans la section « Un certain regard ».

Visuel : Photo officielle du film

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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