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Cannes, jour 8 : un road-trip soporifique, Leos Carax en grande forme, et un Reygadas subtil

Cannes, jour 8 : un road-trip soporifique, Leos Carax en grande forme, et un Reygadas subtil

24 mai 2012 | PAR Yaël Hirsch

Nuit bien trop courte pour la majorité des festivaliers et pourtant l’on se bouscule au portillon pour monter les marches sous le soleil discret de 8 heures du matin et voir l’adaptation par Walter Salles (Central do Brazil, Carnets de voyages..) du livre beat et culte de Jack Kerouac.

Résultat : 6 ans de travail pour un long ennui impressionniste où Kirsten Stewart – de Twilight- a la jambe légère, où Sam Riley met en scène l’auteur en train de se demander ce que sont et l’écriture et la vie, et où après avoir joué Sigmund Freud, Viggo Mortensen incarne brièvement Burrough. À voir de beaux jeunes gens s’envoyer en l’air avec ou sans sexe, faire de grande références qu’ils ne pigent pas, et traverser dans tous les sens les Etats-Unis, l’on ressent autant d’émotion qu’en ouvrant un paquet frais de fraises tagada.

 

Kylie Minogue et Leos Carax

Petites séance d’écriture, puis vers midi, nous nous glissons dans la salle de conférence de presse pour entendre Leos Carax, son incroyable comédien transformiste Denis Lavant et l’une de ses deux belles égéries, Kylie Minogue nous parler du drôle et superbe « Holy Motors ». A la question plusieurs fois répétées par l’audience de savoir en quoi consiste le message du film, Leos Carax refuse de répondre. Son job, c’est de créer de la magie, pas des histoires pour endormir ou désennuyer les enfants, même si les producteurs sont de grands enfants auxquels il faut livrer un scenario pour obtenir les fonds nécessaires à la magie. « Je ne suis pas écrivain », répète Carax, l’air mi-rieur mi- excédé derrière ses lunettes noires. Et le réalisateur d’ajouter « il faut laisser entrer la vie dans le film ». L’on sort donc de la session renseignés sur mille détails techniques de mise en scène, et tous les détails de la rencontre Carax-Minohue, mais sans viatique à vous proposer pour voir le film. Et tant mieux !

A 14h, projection privée pour ToutelaCulture d’un superbe documentaire réalisé par le grand historien américain Ken Burns, sa fille Sarah et son gendre, David McMahon pour une projection en 2013 sur la chaîne public PBS (certains documentaires de Bruns sont suivis par 30 à 40 millions de téléspectateurs sur la chaîne publique américaine). « Central Park Five » revient sur le viol d’une joggeuse à Hyde Park en 1989 et sur la condamnation injuste car erronée de 5 ados african-american et latin-american. Et pour une fois, ce film de Ken & sarah Burns dure 2h, donc pourquoi pas une distribution dans les salles obscures en France ? Plus d’informations sur cette pépite dans notre interview exclusive des réalisateurs.

 

Jaime Rosales

A 17h, le rendez-vous à ne pas manquer est à la Quinzaine des réalisateurs où Jaime Rosales (La Soledad, Rêves et silences) revient pour présenter en blanc pratiquement sans noir, et comme une succession de photos un film profond et difficile à saisir pour une partie de la salle. Dans l’introduction préalable à la projection, le réalisateur a remercié ses acteurs qui n’avaient pas encore vu le résultat final, et aussi son co-producteur, présent sur scène, Jose Maria Morales.
Enfin, pour la presse, il y a eu encore plus de mélodie espagnole pour accompagner les images, hier soir, avec la projection du nouvel opus – en compétition- du réalisateur mexicain Carlos Reygadas (Japon, Lumières silencieuse), « Post tenebras Lux ».

 

 

 

 

 

 

Ce qui restait de la soirée a été très calme pour une nuit cannoise, avec une télétransportation immédiate en vacances provençales dans un petit restaurant de poissons du Suquet, une rue typique de la ville, qui vibre très très loin de l’excitation du festival.

Aujourd’hui, le programme commence fort avec la projection très attendue de « The Paperboy » de Lee daniels avec Nicole Kidman et John Cusack dans des rôles inhabituels.

L’éternel blue-jean

[ Publi-Rédactionnel ]
Soirées du Week-end du 25 mai
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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