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Cannes, jour 6 : la déception de Foxcatcher, une adolescence grecque, la poésie israélienne et la pépite américaine

Cannes, jour 6 : la déception de Foxcatcher, une adolescence grecque, la poésie israélienne et la pépite américaine

20 mai 2014 | PAR La Rédaction

La journée a commencé avec un film très américain. On attendait avec impatience le nouvel opus de Bennett Miller à qui l’on doit l’impressionnant Truman Capote. Avec à l’affiche Channing Tatum, Steve Carell et Mark Ruffalo. Hélas… Lisez.

Channing Tatum, Steve Carell et Mark Ruffalo dans une histoire de lutte et de loyauté : Foxcatcher avait tout pour séduire cinéphiles avertis et grand public. Mais le manque d’originalité dans le traitement d’une histoire vue et revue et l’absence de rythme du film ont un peu plombé la matinée. Pour lire notre critique de Foxcatchercliquez.

Heureusement, du côté d’Un certain regard, deux chefs-d’œuvres nous attendaient : à la fois léger et grave, poétique et odieux, le film coréen de July Jung A girl at my door (Dohee-Ya), nous a envoûtés. Le film raconte la rencontre d’une policière alcoolique et d’une petite fille battue dans une ville de bord de mer. Il a été très applaudi. Pour lire notre critique de A girl at my door, cliquez.

Dans la foulée, Xenia ou « le nouvel Ulysse » de Panos H. Koutras nous a plongés dans une jeunesse grecque (ou plutôt albanaise, en Grèce) rebelle. Road-trip énergique entre deux frères originaux partis de Crète pour retrouver leur père (et remporter un télé-crochet de chansons), l’accueillant Xenia, avec ses couleurs chaudes et sa BO de chansons traditionnelles kitsch a été notre bouffée d’air de la journée. Pour lire notre critique de Xenia, cliquez.

Auteurs, réalisateurs, scénaristes, toute l’intelligentsia francophone de Cannes était dans la salle Debussy pour la première projection de Bird people de Pascale Ferran. La réalisatrice a d’abord fait monter sur scène les techniciens du film avant d’accueillir ses acteurs dont Anaïs Demoustier, Josh Charles, Roschdy Zem, Camélia Jordana. Après un discours fort et profond, la réalisatrice a fait place à un film qui pose une atmosphère surréaliste autour de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et semble faire revenir celui-ci à la liberté de la nature. Image léchée, envol de poésie, c’est un bien bel et étrange oiseau du 7e art que nous avons eu la chance de voir. Pour lire notre critique de Bird people, cliquez.

En parallèle, certains avaient rendez-vous tout en haut de l’hôtel Marriott avec un géant : David Cronenberg en personne. Neuf journalistes assis à des tables de bar, et lui au milieu. Résultat : une foule de questions sur Maps to the stars, sa dernière oeuvre. Plus, histoire de rêver un peu, quelques souvenirs de ses films des années 80 et 90. Pour lire notre rencontre avec David Cronenberg, ainsi que notre critique de Maps to the stars, cliquez.

Après un bref passage à la plage du Goéland où nous avons pu nous glisser au cocktail donné par le pavillon israélien, c’est justement un film israélien qui nous a menés à la Semaine de la critique. La salle du Miramar était pleine à craquer pour accueillir Nadav Lapid (à qui l’on devait déjà l’excellent Policier) pour un film poétique et puissant sur une institutrice qui se prend de passion pour une de ses ouailles : un petit garçon de 5 ans qui se met à créer de la poésie comme un prophète. Filmé avec un sens clinique de la lumière, déshabillant les psychologies des personnages pour mieux les masquer, L’Institutrice nous dépose un goût à la fois sucré et amer dans la bouche et laisse ses protagonistes dans des lacs de mystères quasi-religieux. Pour lire notre critique de L’Institutrice, cliquez.

Du côté de la Quinzaine, on a eu la chance de retrouver Kim Seong-Hun pour une entrevue très plaisante, détendue, intéressante et très intrigante sur son film A Hard Day. Premier aperçu de l’interview que vous retrouverez cette semaine sur TLC : « Je pourrais comparer mon film à un morceau de viande, il y a toujours de la graisse naturelle et c’est cela qui nous permet de mieux la digérer et ce qui visuellement la rend plus jolie. Les touches d’humour noir de mon film sont cette graisse ».

Ensuite, direction le théâtre de la Croisette pour expérimenter la fin du monde vue par le réalisateur australien Zak Hilditch. Bien que la photographie soit parfaite et que l’entame du film plonge le spectateur dans une ambiance pré-apocalyptique réussie, These Final Hours un goût d’inachevé. Pour lire notre critique de These Final Hours, cliquez.

Puis les acteurs de Mange tes morts font une entrée remarquée : chapeau de cow-boy, veste scorpion, on est loin des smokings, mais le cœur y est. L’équipe vient présenter tout sourire un film qui demandera de la concentration aux spectateurs. L’amenant dans un univers qu’il ne maîtrise pas, il pourra très vite rester sur le bas côté, regardant alors avec une certaine incompréhension une histoire fraternelle qui est malgré tout touchante. Pour lire notre critique de Mange tes morts, cliquez.

Malgré la pluie persistante, la fin de journée a été illuminée lorsque Michael C. Hall alias Dexter Morgan et Don Johnson sont montés sur scène avec Jim Mickle, le réalisateur de Cold In July. L’ovation avant et après la séance est amplement méritée tant le film est une réussite sur tous les points : scénario, réalisation, musique, photographie et casting. Le premier quatre étoiles de la Quinzaine des Réalisateurs. Pour lire notre critique de Cold in July, cliquez.

Enfin, petit passage au Silencio Cannes pour un « apéro » proposé par le festival A Shaded View On Fashion Film. Des courts-métrages réalisés par des équipes du secteur de la mode, avec une visée plus expérimentale, ou un documentaire sur le tournage d’Only lovers left alive de Jim Jarmusch. Avec la participation de Bertrand Burgalat, à l’aise pour faire danser les visiteurs, avec son savoir-faire éprouvé.

Puis le shift nocturne a pu monter à bord de deux plages incontournables ce soir : le Bâoli, où avait lieu la soirée du film de Bennett Miller, Foxcatcher. Au menu : excellent repas, champagne à flot, maître DJ et foule américaine d’envergure, à laquelle les membres du jury se sont mêlés. Grande classe.

C’est avec un bâtonnet glacé sur mesure à la main qu’un public ravi a pu aller danser pour les 35 ans de Metropolitan. Au programme, dans l’ambiance blanche aux ballons irisés de la jolie plage : ciné-concert live du tonnerre, champagne bien sûr et une piste de danse squattée avec joie par les festivaliers invités jusqu’à la fermeture. Happy B’day Metropolitan !

Yaël Hirsch, Geoffrey Nabavian, et Hugo Saadi, en direct de Cannes

[Cannes, Quinzaine] « These Final Hours », un goût d’inachevé dans cette fin du monde pétillante et colorée
[Cannes, Un certain regard] « Xenia »: chansons italiennes, héritage albanais et Grèce actuelle
La Rédaction

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