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Cannes, jour 4 : la mélancolie de Saint-Laurent, visite de la National Gallery, DSK s’immisce près du Palais et Alice Rohrwacher en compétition

Cannes, jour 4 : la mélancolie de Saint-Laurent, visite de la National Gallery, DSK s’immisce près du Palais et Alice Rohrwacher en compétition

18 mai 2014 | PAR La Rédaction

Toujours grand soleil sur la Croisette où deux grands événements étaient attendus : la montée des marches de l’équipe du film de Bertrand Bonello sur Yves Saint-Laurent, et au « off » qui passe par le Net mais aussi une projection, le Welcome to New-York de Ferrara.

La matinée a commencé dans la beauté et la mélancolie avec le chef d’oeuvre de Bertrand Bonello, Saint-Laurent. Long, lancinant et probablement infusé d’autoportrait, le deuxième biopic de l’année sur le grand couturier laisse de coté couple, sexe et luxe, pour se concentrer sur la solitude terrible de l’esthète et du créateur. Mise en scène magique, BO à se pâmer, casting de rêve et sensualité flirtant avec le macabre, le film est un long tango de beauté vénéneuse.

Pour la conférence de presse, toute l’équipe avait assorti ses tenues aux yeux bleus de Gaspard Ulliel et l’on peut dire sans conteste que le tandem Bertrand Bonello et Gaspard Ulliel, avec également Jérémie Rénier, Amira Casar, Lea Seydoux (en rousse) et Aymeline Valade, est probablement le plus jeune et sexy qu’il nous a été donné de voir à cette 67ème édition du festival de Cannes. Côté sex-appeal même Grace de Monaco a été battue et la montée des marches s’annonce bien jolie!

Pour lire notre critique de Saint-Laurent, cliquez

A 11h30, direction la section « Un certain Regard » pour une suite de films… complémentaires, en quelque sorte. D’abord Run, premier film de Philippe Lacôte, et plongée dans la fascinante langue ivoirienne. Une oeuvre à écouter, sous peine de manquer de bien belles images. On y notera quelques défauts, souvent inhérents aux premiers longs-métrages. Pour lire notre critique de Run, cliquez.

Deux heures plus tard, on enchaînera avec un autre premier film, parfait, lui, au niveau technique. Avec, oh mon Dieu, James McAvoy ! Jessica Chastain ! William Hurt ! Viola Davis ! et même Isabelle Huppert ! Ne vous agitez pas: The Disappearance of Eleanore Rigby ennuie beaucoup. Des touches d’humour, certes, mais aussi une histoire de cercle infernal assez statique, dans la narration… Rien de bien neuf… Pour lire, quand même, notre critique de The Disappearance of Eleanore Rigby, cliquez.

Problèmes en Afrique, problèmes à New York… et si, pour se changer, on faisait un petit détour par… la Hongrie ? Avec un guide de choix: le très doué Kornel Mundruczo. C’est hélas peine perdue pour la tranquillité: dans White God, il lâche dans les rues de Budapest une meute de chiens très en colère. Point d’orgue d’une sorte de fable sur l’intolérance, sans doute en rapport avec les questions touchant la culture actuellement en Hongrie… Un film, en tout cas, parfait au niveau technique, et avec un fond, du même coup, assez intéressant. Pour lire notre critique de White God, cliquez.

Pendant ce temps, du côté de la Quinzaine des réalisateurs, nous fêtions à notre manière la nuit des musées en visitant la National Gallery grâce à la caméra du grand documentariste Frederick Wiseman. Pendant presque trois heures il déambule dans les différentes salles du grand musée britannique en proposant une sorte de visite guidée 3.0. C’est d’ailleurs là où le film perd de son intérêt, lorsqu’il se limite à une succession de scènes où l’on écoute patiemment les explications d’un guide sur plusieurs tableaux. Rien de bien folichon en somme. Wiseman ne s’est pas étalé longuement pour présenter son œuvre car pour lui « mon film ne mérite pas d’explications tout est dit clairement« . La petite anecdote du jour fait dans le gossip : le réalisateur de 84 ans s’est autorisé une petite sieste en pleine projection. Pour lire notre critique de National Gallery, cliquez.

Plus tôt dans la journée, Adèle Haenel et Kevin Azais contemplaient pendant de longues minutes l’ovation faite par le public de la Quinzaine des Réalisateurs qui a été charmé par la romance légère et inspirée de Thomas Cailley avec Les Combattants, son premier film. La belle petite surprise de la Quinzaine après le huis clos israélien découvert hier. Pour lire notre critique des Combattants, cliquez.

Dans l’après-midi, un petit verre au Carlton nous a mis face à l’ensemble de l’équipe du film de Bertrand Bonello qui se préparait à monter les marches. Pedro Almodovar et les jurés étaient aussi dans le hall de l’hôtel qui a décidément le plus élégant lobby de la ville.

La séance presse du soir nous a permis de voir un autre film de la compétition, Le Meraviglie, de l’italienne Alice Rohrwacher. Une jolie réalisation réaliste sur une famille d’apicultureurs menée par sa fille aînée et faisant face à la fin des paysans dans une Ombrie de plus en plus touristique. Beaux plans, mais un film un tantinet passéiste dans la forme comme sur le fond, pour tout à fait séduire à Cannes

Pour lire notre critique de Le Meraviglie, cliquez.

La soirée a été agréablement calme pour certains d’entre-nous, avec un verre de vodka sur la terrasse UGC où nous avons pu entendre à nouveau la révélation jazz belge de l’année : Mélanie di Biasio, au 9ème étage d’un immeuble donnant vue sur toute la baie de Cannes et ses bateaux.

Une autre partie de l’équipe s’est risquée à la soirée Welcome to New-York /qui était haute en couleur: critique du film d’Abel Ferrara et live-report de la soirée à lire, demain.

Rendez-vous demain pour plus de films et d’aventures cannoises avec les films de Tommy Lee Jones et David Cronenberg.

Yaël Hirsch, Geoffrey Nabavian & Hugo Saadi, envoyés spéciaux de Toute La Culture à Cannes

Visuel Une: Aymeline Valade, Léa Seydoux, le réalisateur Bertrand Bonello et Amira Casar, presents pour Saint-Laurent. © FDC / K. Vygrivach

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La Rédaction

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