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Cannes, jour 10 : Fatih Akin décevant, une plongée bulgare avec Posoki, le palmarès de la Quinzaine

Cannes, jour 10 : Fatih Akin décevant, une plongée bulgare avec Posoki, le palmarès de la Quinzaine

28 mai 2017 | PAR Yaël Hirsch

Cannes s’était déjà vidée ce vendredi matin, dernier jour de compétition, malgré le long week-end à venir, encore…

Dernière montée des marches aux aurores pour la rédaction aujourd’hui, afin de voir le nouveau film du réalisateur allemand Fatih Akin. Le programme était alléchant, avec Diane Kruger en veuve et mère en deuil après une attaque terroriste. Mais le jeu et la beauté de l’actrice ne sauvent hélas pas le film de ses lourdeurs et de ses incohérences. Nous qui avions tant aimé le cinéma multiculturel et profond de Fatih Akin jusqu’à The Cut, sommes encore une fois déçus. Pour lire notre critique d’In the fade, cliquez ici.

A 11 heures, Un certain regard nous proposait une immersion maîtrisée dans une Bulgarie triste et corrompue avec Posoki, ou Directions, de Stephan Komandarev, l’histoire d’un homme très sympathique à qui sa banque ne veut pas prêter une somme nécessaire et justifiée sans pots-de-vin… Un film bien rythmé, extrêmement bien joué et un autre chouchou venu de l’Est en cette section Un certain regard 2017.

Tandis qu’une partie de l’équipe se mettait durement en route pour Paris, d’autres allaient se perdre eux aussi au loin, mais dans une autre ville : Twin Peaks. La série culte de David Lynch avait en effet fait son retour sur AMC, aux Etats-Unis, quelques jours plus tôt… Et comment fêter le 70e anniversaire de Cannes sans recevoir Lynch, réalisateur culte, Palme d’or en 1990 pour Wild at heart (Sailor & Lula en français). Deux épisodes étaient proposés : on a pu en voir un, et frissonner devant ses personnages inquiétants, son fil d’intrigue décousu, ses scènes belles, ultra maîtrisées… Comment résumer ? On dira qu’on y a vécu des moments calmes, et que, tout à coup, un démon, un vrai, un lynchien, a frappé… Et on a pas reconnu tous les invités prestigieux. A part Trent Reznor, débarquant sur un « Came back haunted » remixé à outrance…

C’est ensuite Joaquin Phoenix qui nous a reçus dans son monde torturé, en forme de film policier avec vengeance violente, avec un aspect original. Une oeuvre dirigée par Lynne Ramsay, ultime film de la compétition, plutôt badass, mais discrètement badass… Et oui, depuis quelques années, le dernier jour de compèt’, un acteur un peu borderline rapplique… Pour lire notre critique de You were never really here, cliquez ici.

Et puis, histoire de parachever notre exploration du Certain regard, on a visité le portrait de Chine proposé par Passage par le futur, film un peu trop long, mais très bien interprété, et émouvant lorsqu’il explore les espoirs qu’il reste à tirer des campagnes chinoises arides… Une traversée familiale qui nous a égaré parfois, passionné en d’autres endroits. Et fait bâiller aussi, même si, là, elle n’était peut-être pas la seule coupable…

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Visuel : © G.N.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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