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Cannes 2022, Un certain regard : Sick of myself, comédie noire satirique qui n’oublie pas d’être bien mise en scène

Cannes 2022, Un certain regard : Sick of myself, comédie noire satirique qui n’oublie pas d’être bien mise en scène

31 mai 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Dans ce récit cocasse qui n’a pas peur d’être saignant, le réalisateur Kristoffer Borgli observe davantage qu’il ne démontre.

Signe est une jeune femme norvégienne qui essaye de tracer sa route, et de s’affirmer. Elle conseille son petit ami Thomas, qui bénéficie soudain d’une révélation en tant qu’artiste. Qu’à cela ne tienne : Signe, qui veut elle aussi être très remarquée, va tout faire pour.

Sorte de comédie noire signée par le norvégien Kristoffer Borgli, Sick of myself entend faire la satire de certaines obsessions actuelles – telles celle de l’image renvoyée au monde autour – aussi bien que de certains aspects sociétaux ou milieux. Le film opère dans ce but à renfort d’interprètes chevronnés, toute énergie dehors, et de scènes percutantes.

Cependant, dans ces dernières, on note que l’accent est davantage mis sur la mise en scène que sur l’effet à produire au final. L’envie de se révéler frappant n’empiète pas, dans ce long-métrage, sur les exigences filmiques.

Lorsque par exemple, vers le début, un sauvetage sanglant avec coups et blessures est raconté par l’héroïne à celui avec lequel elle habite, la caméra la suit dans les pièces de l’appartement longuement, se livrant à des panoramiques bien ouverts, pas lourds de sens, traquant la folie et l’humanité terrible qui couvent au démarrage de toute cette histoire. Le spectateur peut donc être promené ensuite au fil d’une balade entre énergie furieuse et rêve insaisissable.

Retrouvez tous les films du Festival dans notre dossier Cannes 2022

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Visuel : © Film i Väst

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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