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Cannes 2022, Compétition : Boy from Heaven – Espionnage et coups bas dans une grande institution Égyptienne

Cannes 2022, Compétition : Boy from Heaven – Espionnage et coups bas dans une grande institution Égyptienne

21 mai 2022 | PAR Yohan Haddad

Le cinéaste Tarik Saleh débarque pour la première fois en compétition officielle à Cannes avec un film d’espionnage situé au cœur de l’autorité égyptienne sunnite, 5 ans après Le Caire Confidentiel.

Réaliser un film d’espionnage au cœur d’une école religieuse visant à former les futurs imams et cheiks ? Idée audacieuse, mais fièrement portée par Tarik Saleh, cinéaste suédois d’origine égyptienne, qui avait marqué les esprits avec son thriller Le Caire Confidentiel il y a maintenant 5 ans de cela, nommé dans de nombreux festivals.

Armé de ses influences propres à l’oeuvre de John le Carré, il réalise avec Boy From Heaven un thriller étonnant, évoquant directement le milieu d’un Islam parfois radical et souvent malhonnête au cœur de l’une des plus grandes institutions religieuses au monde, l’université Al-Azhar, faisceau de l’apprentissage religieux pour les futures figures religieuses musulmanes du monde entier.

Fares Fares, acteur fétiche de Saleh, endosse ici le rôle d’un agent influent de la sécurité nationale Égyptienne, prenant sous son aile un jeune élève de l’université afin de lui tirer des informations sur les différentes magouilles qui régissent l’université, aussi bien au niveau religieux qu’éthique. Saleh démonte les grandes institutions scolaires religieuses avec un certain sens de la narration, plaçant son film entre un pur film d’espionnage et un film-enquête, à la manière du Dark Waters de Todd Haynes ou du plus récent Goliath de Frédéric Tellier.

Pour appuyer son propos, il s’appuie sur une mise en scène plutôt réaliste, misant grandement sur les gros plans pour mettre en avant le caractère constamment hésitant de son personnage principal. Il est brillamment interprété par le jeune Tawfeek Barhom, qui apporte une grande part de complexité dans ce rôle complexe, visage fermé et émotions imperceptibles, et tout particulièrement quand il livre des secrets aux autorités.

On ressort donc de Boy From Heaven le cœur serré vis-à-vis du message qu’il transmet, mais plutôt convaincu par sa force dénonciatrice qui ne manque jamais de finesse et de suspense.

Pourtant, on regrettera toutefois un manque de rythme conséquent dans la première partie du film, où les scènes semblent se succéder parfois sans véritable suspens, avant de trouver une plus grande force de mise en scène dans cette deuxième partie bien plus étouffante et donc forcément bien plus passionnante, exploitant avec brio les forces du film-enquête.

Visuel : Photo du film

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Yohan Haddad

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