Cinema
[Cannes 2021, Hors Compétition] The year of the everlasting storm : penser et rêver le confinement, en plusieurs segments

[Cannes 2021, Hors Compétition] The year of the everlasting storm : penser et rêver le confinement, en plusieurs segments

03 août 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

Le film en plusieurs segments Hors Compétition de cette édition 2021 du Festival de Cannes invite plusieurs grands réalisateurs à livrer des visions sur le confinement dû au coronavirus, offrant des fenêtres sur différents pays. Avec au final des réussites, témoignant de regards forts.

En 2021, le film en plusieurs segments présenté Hors Compétition à Cannes empoigne, logiquement, le sujet qui a le plus obsédé la Terre ces longs derniers mois : le coronavirus, ainsi que les immobilisations qu’il a provoquées au niveau mondial. Rythme cannois oblige, on avouera que l’on n’a hélas pas été en mesure de voir tous les petits films composant au final ce métrage. On restera plutôt convaincu par la simplicité de la démarche de Jafar Panahi, signataire du tout premier segment, qui livre un instantané de son existence chez lui en temps de confinement, alors que sa famille et celle de sa femme lui fait quelques visites – parfois en combinaison anti-bactéries intégrale – et que le temps passe lentement. Il pimente ces visions simples avec quelques images qu’on pourrait croire sorties d’un rêve, telles les allées et venues de son iguane de compagnie, observant notamment les oiseaux qui vivent sur son balcon.

Suit le segment d’Anthony Chen, réalisateur singapourien très remarqué pour ses films Ilo Ilo et Wet Season. Anthony Chen, qui sidère ici par sa maîtrise. Se penchant sur le destin d’un couple avec enfant confiné, qui voit ses perspectives se réduire – entre manque d’espace, d’argent, de force vitale… – il adopte un ton qui ne redoute ni noirceur ni tristesse mais évite toute complaisance. Sa réalisation, très sobre, orchestre un dialogue entre vues en appartement et visions de l’extérieur, cadrant la ville enfermée, toutes aussi grises. Ses interprètes se révèlent géniaux, et surtout, son récit, engagé, sait laisser aux scènes leur part de mystère et ne pas se montrer explicatif à outrance. Il s’avère donc au final engagé, mais aussi très universel, et donc d’autant plus triste.

The year of the everlasting storm est un film en plusieurs segments parlant du coronavirus, réunissant les réalisateurs Apichatpong Weerasethakul, David Lowery, Anthony Chen, Laura Poitras, Jafar Panahi, Dominga Sotomayor et Malik Vitthal, et présenté Hors Compétition au Festival de Cannes 2021.

Retrouvez tous nos articles sur les films du Festival dans notre dossier Cannes 2021.

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Visuel : affiche internationale de The year of the everlasting storm

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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