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Cannes 2018, Semaine de la critique : « Woman At War », plaidoyer réjouissant pour l’activisme citoyen

Cannes 2018, Semaine de la critique : « Woman At War », plaidoyer réjouissant pour l’activisme citoyen

16 mai 2018 | PAR Alexis Duval

C’est notre coup de cœur de la Semaine de la critique. Autour du combat d’une femme pour la préservation de son pays, l’Islandais Benedikt Erlingsson brode un récit intelligent teinté d’une irrésistible folie douce.


[rating=4]

Islande, de nos jours. Halla a 49 ans. Et plus les années passent, plus elle a, chevillée au corps, la défense de sa belle île, convoitée par les cupides entreprises multinationales comme le leader mondial de l’aluminium, Rio Tinto. Son pays, terre de feu et de glace, offre à ses habitants et aux touristes toujours plus nombreux un havre de paix et une beauté à couper le souffle. Tout cela, Halla entend le préserver en menant toute seule et de manière anonyme des actions de sabotage de grande ampleur. Celle que les médias surnomment « La Femme des montagnes » va devoir faire face à un dilemme : choisir entre son combat politico-écologique et aller au bout d’une procédure d’adoption qui vient de prendre un tour inattendu…

Disons-le tout net : Woman At War est notre coup de coeur de la Semaine de la critique. Brillamment écrit, original à souhait, excellemment interprété par l’actrice Halldora Geirhardsdottir, le nouveau long-métrage de Benedikt Erlingsson est un petit bijou teinté d’une absurdité irrésistible. On suit les mésaventures d’Halla dans l’Islande de l’Ouest et du centre que ponctuent trois musiciens, immanquablement présents à chaque rebondissement. Une touche loufoque bienvenue.

On ne saurait que trop conseiller la bouffée d’optimisme et les éclats de rire que provoque la folie douce du film. Engagé, Woman At War est l’histoire loufoque d’une Islandaise citoyenne du monde lancée à corps perdu dans une lutte contre les dangers du capitalisme invasif. Benedikt Erlingsson,à qui l’on doit déjà Des chevaux et des hommes, signe ici une œuvre personnelle et universelle dans lequel l’aspect local rejoint une vision plus globale. Franc, fin, rythmé, drôlissime, enthousiasmant, le film vient confirmer la vitalité du cinéma islandais, dont nous parviennent depuis quelques années de véritables pépites.

Woman At War, de Benedikt Erlingsson, avec Halldora Geirhardsdottir, Davíd Thor Jonsson, Magnus Trygvason… 1 h 41. Sortie prévue le 4 juillet.

Visuel : Jour2fête

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Alexis Duval

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