Cinema

Cannes 2018 : le Grand Prix Un certain regard attribué à « Border »

Cannes 2018 : le Grand Prix Un certain regard attribué à « Border »

19 mai 2018 | PAR Geoffrey Nabavian

C’est finalement Border, film tourné en Suède, et parmi les plus remarqués de la section Un certain regard cette année, qui repart avec le Grand Prix.

A Cannes, la section Un certain regard aime à remettre son prix suprême à des films marquants : de 2015 à 2017, les cinéphiles ont pu applaudir le sacre de Béliers (critique ici / interview vidéo du réalisateur Grimur Hakonarson ici), Olli Mäki (critique ici), et Un homme intègre (critique ici / interview vidéo du réalisateur Mohammad Rasoulof ici). En cette édition 2018, c’est l’un des titres les plus remarqués et discutés de la section qui se voit distingué.

Le jury de la Semaine de la Critique a choisi, lui, comme lauréat du Grand Prix Nespresso, le très délirant Diamantino (critique ici). A Un certain regard, le président Benicio Del Toro et les quatre jurés l’entourant – l’actrice Virginie Ledoyen, le réalisateur Kantemir Balagov (critique de Tesnota –Une vie à l’étroit ici / interview vidéo du réalisateur Kantemir Balagov ici), la réalisatrice Annemarie Jacir (critique de Wajib, l’Invitation au mariage ici) et Julie Huntsinger, directrice exécutive du Festival du Film de Telluride – se sont décidés pour un film tout aussi curieux : Border.

Ce drame mêlé de fantastique qui suit une femme au physique peu commun, douanière en Suède, à la découverte de son identité, a fait parler de lui pour sa grande originalité et sa capacité à mêler les thèmes, durant le temps du Festival. Son réalisateur, le Danois d’origine iranienne Ali Abbasi, est désormais à suivre. Pour lire notre critique de Border, cliquez ici. Pour lire notre interview de son actrice principale, Eva Melander, cliquez ici.

Histoires fortes et conflits

Un Prix Un certain regard de la mise en scène a couronné, par ailleurs, Donbass (critique ici) de Sergei Loznitsa : choix justifié, tant le réalisateur d’Une femme douce (critique ici) parvient dans ce film à passer d’un procédé à l’autre, et à placer ses images entre mensonge et vérité, pour peindre une région d’Ukraine plongée dans une guerre complexe. Un Prix du scénario est venu, lui, saluer Sofia, oeuvre dans laquelle la réalisatrice Meryem BenM’Barek brosse au Maroc, à renfort de personnages très bien écrits, une histoire au sujet très fort et dur (critique ici).

Et côté Interprétation, c’est l’acteur Victor Polster qui a reçu un Prix pour son rôle d’un jeune homme, fille dans sa tête et aspirant danseur, au centre du film belge Girl (critique ici). Et pour finir, le jury a tenu à attribuer un Prix spécial au film Les Morts et les Autres, de Joao Salaviza et Renée Nader Messora (signataires de Montanha), qui suit un indigène du Brésil à la découverte de son avenir, avec la voix de son père défunt qui lui chuchote à l’oreille des choses.

En 2018, au sein de la section Un certain regard, le cru fut bon, dépaysant et souvent sans détour. On a pu être marqué de façon spéciale par deux films français très réussis, aussi : A genoux les gars (critique ici) et Les Chatouilles (critique ici), tous deux tragiques et emplis d’énergie en même temps. On donne donc rendez-vous à toutes ces œuvres pour leur sortie en salles…

Retrouvez tous les films du Festival dans notre dossier Cannes 2018

Geoffrey Nabavian

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Visuel : © Metropolitan FilmExport

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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