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Cannes 2018, compétition : avec « Une affaire de famille », Kore-eda Hirokazu plus délicat que jamais

Cannes 2018, compétition : avec « Une affaire de famille », Kore-eda Hirokazu plus délicat que jamais

15 mai 2018 | PAR Alexis Duval

Habitué aux sélections et aux palmarès de la Croisette, le réalisateur japonais revient avec un nouveau long-métrage. Une variation émouvante sur les thèmes de l’abandon et de la filiation.

[rating=4]

En 2004, on avait découvert la tendresse de sa caméra avec Nobody Knows, qui figurait dans la sélection officielle du Festival de Cannes le jeune acteur Yuya Yagira y avait remporté le prix d’interprétation masculine. Depuis, le cinéaste japonais Kore-eda Hirokazu n’a cessé d’émouvoir avec des galeries de personnages toujours montrés avec bienveillance et douceur. De film en film, il déroule son fil avec, à chaque fois, une histoire poignante ancrée dans une société nippone en crise.

Avec Une affaire de famille (Manbiki Kakozu), présenté en compétition du 71ème Festival de Cannes, le cinéaste livre une variation particulièrement réussie sur des thèmes qu’il avait déjà explorés dans Nobody Knows, mais aussi dans Still Walking (2011) ou Tel père, tel fils (2013). Un quadragénaire et son fils, qui pratiquent le vol à l’étalage pour agrémenter leur fort modeste quotidien, trouvent dans la rue Yuki, une petite fille abandonnée. Tous deux décident d’abriter la petite, pour éviter que celle-ci ne passe la nuit dehors. De retour à la maison, ils provoquent la colère de l’épouse, qui voit avec réticence l’arrivée d’une nouvelle bouche à nourrir. Mais la grand-mère prend la petite Yuki sous son aile…

Un cinéaste complet

Acteurs et actrices brillamment dirigés, thème de l’abandon, de la filiation… Les ingrédients ne changent pas, mais c’est pour le mieux. Car Kore-eda Hirokazu semble ici être parvenu à une sorte d’épure de son cinéma en accouchant d’un film poignant, dense et solaire, sans être plombant. Si Une affaire de famille est aussi maîtrisé, c’est peut-être aussi parce que le réalisateur, en plus de diriger le film, est aux manettes du scénario et a également assuré lui-même le montage. En somme, un cinéaste complet, comme le septième art en compte beaucoup.

Mais là où le Japonais excelle dans chacun de ses longs-métrages, c’est dans sa brillante manière de diriger ses plus jeunes comédiens. Ici, Yuri, la petite fille, est interprétée par la petite Miyu Sasaki, formidable de bout en bout. Le garçonnet, lui, est incarné par Kairi Jyo. Tous deux jouent aussi bien que les acteurs adultes avec un naturel désarçonnant. Et quel plaisir de retrouver la grande Kirin Kiki, figure tutélaire du cinéma nippon, dans le rôle de la malicieuse grand-mère. Un film plus touchant que jamais.

Une affaire de famille (Manbiki Kakozu), de Kore-eda Hirokazu, en compétition officielle du 71e Festival de Cannes. Avec Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka, Kirin Kiki, Miyu Sasako, Kairi Jyo… 2h01. Sortie prochainement.

Retrouvez tous les articles de Toute La Culture sur le Festival de Cannes dans notre dossier Cannes 2018

Visuels  © FUJI TELEVISION NETWORK/GAGA CORPORATION/AOI PRO. INC

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