Cinema

Camille Redouble (et Noémie Lvovsky avec)

Camille Redouble (et Noémie Lvovsky avec)

01 juin 2012 | PAR Ariane Kupferman Sutthavong

Imaginons que dans un univers parallèle se croisent Retour Vers Le Futur de Robert Zemeckis et Peggy Sue Got Married de Francis Ford Coppola. Et bien, cela donnerait Camille Redouble, la comédie de Noémie Lvovsky, présentée (et primée !) à la Quinzaine des Réalisateurs cette année. Cependant, tout le monde ne peut pas égaler Coppola et tout le monde ne peut  pas-hélas -, non plus, lui « rendre hommage »  sans tomber dans la facilité d’un pâle remake.

Camille a quarante ans et Camille est dans tous ses états. Comédienne abonnée aux petits rôles morbides, mère d’une adolescente et fraîchement divorcée, elle se retrouve projetée, un soir de nouvel an, vingt-cinq ans en arrière. Avec le recul et la maturité en plus? Pas forcément. Gaffes, anachronismes et kitsch eighties sont au rendez-vous de cette comédie sympathique et colorée.

Peut-on intervenir sur le cours des événements, effacer la bande et tout recommencer? C’est la question que pose le film, glissant avec plus ou moins de subtilité vers le thème de la perte et ce, sans tomber dans le larmoyant. Si le scénario tente de rester dans le registre du comique, tantôt mordant, tantôt lourd, la drôlerie tient néanmoins à un fil… Celui de son interprète principale.

Noémie Lvovksy est remarquable, autant en quadragénaire alcoolique au bout du rouleau qu’en jeune fille en fleur. Elle parvient, malgré son physique d’adulte, à paraître la plus fraîche et la plus pimpante des quatre amies (car – et c’est bien connu – au lycée, les filles ne se déplacent qu’en bande, voyons…). Les parents, Yolande Moreau et Michel Vuillermoz, sont aussi touchants que l’acolyte, Judith Chemla est décoiffante. Samir Guesmi et Denis Podalydès fonctionnent très bien également. Les autres personnages, toutefois, sont caricaturaux, voire insupportables à l’écran. C’est bien là que le bât blesse : comment Noémie Lvovsky a-t-elle bien pu transformer de grands acteurs (Jean-Pierre Léaud ou Mathieu Amalric) en d’aussi vulgaires « guest-stars »? Chacune de leurs apparitions est placée sous le signe du surjeu – destiné à faire rire, peut-être – grossier et fatigant.

Si l’on fait abstraction de ces moments d’irritation, Camille Redouble remplit bien son rôle de film grand public (ou de téléfilm amélioré, vous diront les mauvaises langues que nous ne parvenons décidément pas à faire taire !), joli et touchant. Mais au final, c’est plutôt le spectateur qui voit double et qui, pour le coup, penche en faveur de l’original de Coppola.

 

 

Gâtez vos mères avec originalité !!
Festival Nuits Baroques à l’Institut Culturel Roumain à Paris
Ariane Kupferman Sutthavong

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