Cinema

Notre bilan du festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec

Notre bilan du festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec

20 décembre 2017 | PAR Donia Ismail

Le Festival du film franco-arabe de Noisy-Le-Sec s’est terminé il y a quelques semaines. TouteLaCulture.com y était et fait le bilan de deux semaines qui ont su faire rayonner le cinéma arabe en France.

Pour les retardataires, le Festival du film franco-arabe s’est déroulé du 24 novembre au 5 décembre au cinéma Trianon. À l’affiche, des films de tous genres, mais aussi des rencontres avec des réalisateurs. Des moments d’échanges intenses et privilégiés qui ont permis aux spectateurs de saisir un peu plus le but de chaque oeuvre.

L’idée du festival part d’un principe simple : comprendre l’autre à travers sa culture et plus particulièrement à travers le cinéma. Le maire du la ville, Laurent Rivoire, décrit son festival comme « un pont entre les civilisations qui permet de saisir ce qu’il se passe dans ces régions sans passer par un regard journalistique. ». C’est un pari réussi!

Une programmation éclectique

Autre l’idée du festival qui rassemble autour du septième art différentes cultures, la programmation a su faire rêver ses convives. On a parcouru l’ensemble du monde arabe : du Liban à l’Égypte en passant un court instant par l’Algérie, le Maroc, la Tunisie… L’événement ne se réduit pas à un seul pays, mais il traverse à lui seul l’étendue du Moyen-Orient.

Ce sont les réalisateurs, derrière leurs caméras, qui nous offrent un aperçu de la situation, politique ou sociale, de ces pays. Ali, la chèvre et Ibrahim de Sherif El Bendary nous montre un Caire destructeur, où le sang et la prostitution font rages, Sophie Boutros arpente l’avenue des souvenirs terribles avec Solitaires, Les Bienheureux de Sofia Djama – que Toute La Culture a interviewée – dévoile une Algérie dure, mais si douce à la fois.

Le génie de la programmation se cache aussi dans les univers choisis. Il y en a pour tous les goûts : polar noir intrigant et prenant avec Le Caire Confidentiel de Tarik Saleh, documentaire touchant mettant en lumière le travail d’une femme au courage de fer, avec Latifa le coeur au combat de Olivier Peyon et Cyril Brody, ou encore une satire politique avec Blessed Benefit de Mahmoud Al-Massad, qui a ouvert la 6ème édition du festival.

Le bon choix des parrains et marraines participe au succès d’un festival. Le parrain, Costa-Gavras, lui est tout bonnement fantastique. Mais l’idée de génie réside en la sélection de cette marraine qui résume, à vraie dire, tout le message du festival. Oulaya Amamra est à l’image du cinéma arabe contemporain proposé par le festival : moderne, jeune et plein d’espoir« C’est un honneur pour moi d’être marraine d’un si beau projet qui donne un coup de projecteur à des films aussi puissants, aussi beaux. »

En un seul mot : fantastique. Et puis deux : inoubliable. Le Festival du film franco-arabe a su faire vibrer les salles du Trianon avec un cinéma touchant, sensible et moderne. Et par sa programmation, osée parfois, il a su montrer qu’un bon film arabe n’est pas forcément un film politique. Il peut toucher par l’histoire de ses personnages, par l’humour, par l’absurdité de certaines situations. On a hâte d’être en 2018, pour découvrir la nouvelle programmation qui, on l’espère, sera à la hauteur de celle de cette année !

Visuel : affiche du festival

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Donia Ismail

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