Cinema

Le Best-Of Cinéma 2017 de la Rédaction 2 : Notre rétrospective idéale

Le Best-Of Cinéma 2017 de la Rédaction 2 : Notre rétrospective idéale

15 décembre 2017 | PAR Yaël Hirsch

Comme tous les films que nous avons adorés en 2017 ne rentraient pas dans le Best-Of, nous avons imaginé une rétrospective idéale, celle où l’on vous projette des films marquants de l’année, trop peu vus et que nous avons envie de partager.

Geoffrey : Where horses go to die, de Antony Hickling
Cette rêverie intense au sein d’un monde très personnel, signée Antony Hickling, reste l’un des objets avant-gardistes les plus originaux et les plus forts de 2017. Une heure sept d’images sculptées, enveloppées dans une atmosphère très humaine, et une économie de moyens étonnante. Avec un magnifique quatuor d’interprètes : Jean-Christophe Bouvet, Walter Dickerson, Amanda Dawson, Manuel Blanc. On salue le Saint-André-des-Arts, et l’Étrange Festival, au passage. Critique.

Gilles : 1336 jours, de Claude Hirsch
Un film qui nous offre un témoignage passionnant sur le combat de David contre Goliath entre les Fralib et Unilever. Un documentaire militant de très grande qualité. Critique.

Olivia : L’amant d’un jour de Philippe Garrel.
Un père (Eric Caravaca) recueille sa fille (Esther Garrel) après un chagrin d’amour; lui vit une histoire avec une fille plus jeune. Garrel capte avec tendresse les signes des histoires qui naissent, qui meurent ou qui renaissent et, surtout, le lien de confiance entre un père et sa fille. Critique.

Pierre : Night is short, Walk on a girl de Maasaki Yuasa 

Complètement décalé et drôle, ce film est une petite merveille de film d’animation. Enivrant comme une superbe soirée d’été, ce film survolté et très rythmé est une vraie ode aux passions intellectuelles et amoureuses, un vrai hommage à la littérature et au théâtre comme outils créatifs. Profond, le film n’oublie pas d’etre poétique, drôle et touchant et de nous transporter dans un univers japonisant fou et loufoque . Un régal à voir en salles très rapidement !

Yaël : Fixeur, de Adrian Sitaru
Un beau film roumain sur les limites de l’exhibition et de l’exposition, même au nom de la vérité, dans le cadre du métier de journaliste. Tenu, tendu, bien rythé et d’une réalisme tout sauf ennuyeux, le film est porté par son excellent acteur principal, Tudor Aron Istodor. Critique.

Sylvain : Dunkerque de Christopher Nolan
En 1977 un encore tout jeune réalisateur, dont on avait pu évoquer le talent prometteur à l’occasion d’un film sur un méchant gros poisson, balance l’air de rien un gros pavé dans le marigot de la science-fiction avec « Rencontre du 3eme type ». Faisant fi des étiquettes « série B » ou « Z », il renouvelle un genre qui depuis quelques décennies végétait tranquillement, exception faite de Metropolis et quelques autres grandes œuvres qui le propulsait dans la lumière des projecteurs tous les 10 ans . Pourquoi parler de ce film en évoquant « Dunkerque » ? Car ici aussi une révolution du cinéma semble voir le jour. A bien y regarder que raconte « Dunkerque » au sens cinématographique ou scénaristique du terme ? En réalité, rien. « Dunkerque » ne raconte rien ou alors par grand chose. Difficile d’envisager de se lancer dans un résumé de « 20 lignes minimum » de l’intrigue. »Un scenario qui tient au dos d’un timbre poste » ainsi qu’on l’entend parfois, l’expression semblerait presque avoir été créée pour « Dunkerque ». Et pourtant, de bout en bout, durant près de 2h, Christopher Nolan nous happe et nous tient en haleine ! Et c’est là le génie de ce film qui sera, espérons-le précurseur d’une écriture cinématographique à venir, Christopher Nolan ne fait pas un film avec une histoire, il fait un film sur l’Histoire, celle avec un grand H. Celle qui s’écrit malgré les hommes qui n’en sont que des victimes. C’est l’Histoire qui devient la matière brute du film. A tel point qu’elle en devient même l’acteur principal renvoyant presque au statut de figurants lambdas des interprètes au demeurant talentueux. 40 ans après Steven Spielberg qui renouvela la SF et permis à de magnifiques projets de voir le jour, Christopher Nolan marque d’une première empreinte un nouveau chemin dans le cinéma.

Hugo : Un été Islandais, de Gudmundur Arnar Gudmundsson
Un beau film sur une amitié bouleversée entre deux jeunes garçons dans la campagne islandaise et un regard intelligent sur la question de l’homosexualité et toutes les pressions qui en découle dans la société. Critique.

Gregory : The Battle of the sexes, de Jonathan Dayton et Valerie Faris
Avec sa mise en scène classique mais précise et fine, The Battle of the sexes est un vrai beau moment de cinéma. Steve Carrel est époustouflant en grand clown tragique (il mérite tous les Oscars) et Emma Stone confirme son grand talent ! Quant au message du film, il est une bonne piqure de rappel pour les phallocrates de tous poils !

visuel : YH

Le Best-of Cinéma 2017 de la Rédaction
L’amour sur le tard de Michel Desbastilles : On n’est pas sérieux quand on a soixante ans
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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