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[Berlinale] »Fifty Shades of Grey » charmante comédie romantique

[Berlinale] »Fifty Shades of Grey » charmante comédie romantique

11 février 2015 | PAR Olivia Leboyer

Fifty Shades

Hier, nous regrettions l’absence de sexe dans cette sélection : avec le film de Peter Greenaway, Eisenstein in Guanajuato, nous n’avons plus lieu de nous plaindre. Au cœur du film, la scène d’amour totalement dénudée entre Eisenstein et son amant mexicain était superbe d’intensité et de joie de vivre. Du coup, nous sommes entrées radieuses dans la salle, pleine à craquer, des Fifty Shades. Nous y allions sans grande attente, et nous avons été agréablement surprises.

[rating=3]

Que penser des Fifty Shades of Grey ? Tout comme les romans, charmants et légers, le film offre le même plaisir simple et naturel. Car, en fait, Fifty Shades, c’est avant tout une très jolie histoire d’amour. Rien à voir, évidemment, avec la spirale sado-masochiste décrite dans 9 semaines ½ d’Elizabteh McNeill (1979), beau roman saisissant et triste.

Ici, nous assistons, d’emblée, à un vrai coup de foudre (comme il en existe) entre Christian Grey et Anastacia Steele. Pour l’un comme pour l’autre, et pour le spectateur, il est visible qu’il s’agit d’amour et, dès lors, que la part d’ombre de Christian va finir par s’estomper. L’idée est assez astucieuse : le sado-masochisme n’est pas une tare à exclure, mais une composante comme une autre de l’amour, qui peut être considérée sous l’angle du jeu. Fraîche, ingénue, la jeune Anastacia entraîne en effet Christian dans son rire, explosif et salutaire. Le cérémonial sado-maso, les règles précises, elle est prête à les accepter puisqu’elle l’aime, mais ce sérieux ne l’impressionne pas plus que cela. Cette décontraction et ce naturel bluffent le milliardaire, habitué à ce que personne ne lui résiste… Une belle histoire, pimentée et euphorisante !

Les acteurs ? Dakota Johnson est absolument irrésistible, adorable de spontanéité et d’une sensualité assez renversante. Les yeux candides, avec juste ce qu’il faut de mélancolie. Et Jamie Dornan incarne avec un bel aplomb Christian Grey, à la fois glaçant et so charming. Ses yeux, d’un gris foncé profond, reflètent bel et bien plusieurs nuances.

Pour les scènes de sexe, rien de très fou. Quelques minutes, filmées avec une élégance assez pudique, montrent un peu en cachant beaucoup, sur fond (malheureusement) de musique (« Crazy in love » de Beyoncé, par exemple) qui couvre les feulements discrets d’Anastacia. Dakota Johnson est aussi belle nue qu’habillée, naturelle et gracieuse. Jamie Dornan ne nous offre que son dos nu, mais c’est déjà très bien.

Hédoniste, ce Fifty Shades fait heureusement la part belle aux verres de vin blanc et autres cocktails, très présents à l’écran. Pas de scène des huîtres, en revanche… Bien sûr, les escapades impromptues en hélicoptère privé et la farandole de voitures assurent le standing cinq étoiles du beau conte de fées. (petit bémol : la décoration de la chambre est quand même un peu kitsch)

Plaisante et enlevée, l’intrigue joue avec les codes de la comédie romantique traditionnelle. L’évidence de l’amour, les révélations progressives de Christian, les discussions serrées autour du fameux contrat, nous mènent tranquillement jusqu’à une première impasse, avant les deux prochains volets.

Capable de cravacher sauvagement Ana, ou de jouer avec douceur une mélodie au piano (face à l’immense baie vitrée), Christian Grey nous réserve encore quelques délicieuses nuances.

Fifty Shades of Grey, de Sam Taylor-Johnson, Angleterre, 120 minutes, avec Jamie Dornan, Dakota Johnson, Jennifer Ehle, Luke Grimes, Marcia Gay Harden, Max Martini, Eloïse Mumford. Berlinale spéciale 2015.

visuels: affiche et photos officielles du film.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

2 thoughts on “[Berlinale] »Fifty Shades of Grey » charmante comédie romantique”

Commentaire(s)

  • Matthias Turcaud
    Matthias Turcaud

    Belle critique ! On voit aussi le torse de Jamie Dornan !

    février 12, 2015 at 4 h 56 min
  • Matthias Turcaud
    Matthias Turcaud

    Je n’ai pas vu le film, mais me réfère à la photo postée !

    février 12, 2015 at 4 h 57 min

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