Cinema
[BERLINALE] The Party : Cocktail d’humour explosif

[BERLINALE] The Party : Cocktail d’humour explosif

15 février 2017 | PAR Samuel Petit

« It’s my party, and I’ll cry if I want to
Cry if I want to, cry if I want to
You would cry too if it happened to you »
Lesley Gore (1965)

 

 

 

Les rires dans l’immense salle du Berlinale Palast –  de loin les plus nombreux et les plus sonores depuis le début du Festival – ne trompent pas. The Party de la cinéaste britannique Sally Potter, film le plus court en compétition (71 min), par son rythme affolant et et sa densité comique hors-norme, peut sérieusement prétendre (avec Wilde Maus) au titre informel de meilleure comédie.
Tous les éléments qui font un bon vaudeville y sont réunis : l’intérieur bourgeois, la mise en place rapide et successive des personnages avec leurs liens intimes et leurs secrets. Une situation en entraîne une autre à une vitesse terrible. Les divers morceaux, parfaitement choisis, joués en arrière-plan de la soirée permettent de préserver une continuité temporelle quand l’intrigue oblige certains personnages à aller échanger en dehors du living room.

Le plot est simple : Janet (Kristin Scott Thomas) s’apprête à prendre ses fonctions de ministre de la santé après une longue campagne électorale. À la veille de sa prise de fonction, elle invite ses proches amis à fêter chez elle avec son mari, ancien universitaire apathique et visiblement porté sur la bouteille, Bill (Timothy Spall). Les invités sont trois couples : April (Patricia Clarkson), la plus fidèle amie de Janet et ancienne compagnonne de route politique pendant leur jeunesse, et son mari allemand (Bruno Ganz) à la pensée et aux croyances hétérodoxes contrastant avec cet univers d’universitaires, athées et matérialistes ; le couple lesbien, composé de Martha, l’amie de toujours du couple hôte et ancienne coloc de Bill lors de ses années étudiantes, et de sa jeune partenaire, Jinny, qui a une grande nouvelle à annoncer ; Tom (Cillian Murphy), trader visiblement très agité, et par son univers professionnel, n’est toléré dans ce monde assez bobo qu’en tant que mari de Marianne, amie du couple centrale et future collaboratrice de Janet au ministère, qui tarde à arriver.

Sally Potter a vu juste pour son vaudeville contemporain très british : aucun type d’événement n’a autant remplacé les salons bourgeois des siècles passés qu’une soirée ; aucune autre occasion dans nos vies ne remplit ce fameux rôle social qui permet aux passions d’éclater au grand jour, et nos rires avec !

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Samuel Petit

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