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Berlinale, ouverture et deuxième jour : des stars, des mélos et des femmes fortes

Berlinale, ouverture et deuxième jour : des stars, des mélos et des femmes fortes

07 février 2015 | PAR Yaël Hirsch

Alors que la 65ème Berlinale a ouvert ses portes, ce jeudi 5 février 2015, sur les aventures historiques d’une femme amoureuse (jouée par Binoche) au pôle Nord, la deuxième journée a également été riche en mélos, en costumes et en femmes fortes, avec Nicole Kidman en Angélique marquise des bédouins et Charlotte Rampling en femme amoureuse après 45 ans de mariage.

Mercredi 5 février, c’est le bout des pieds nus, le sourire radieux et le smoking blanc immaculé que Juliette Binoche a foulé le tapis rouge des berlinois fous d’elle, pour présenter le film épique de la catalane Isabel Coixet, Nobody wants the night. Avec le chic de Gabriel Byrne (rasé de près depuis le tournage) c’était une bien belle équipée qui a ouvert la Berlinale. Plongée divinement filmé dans le pole Nord aventurier des années 1900 et mettant en scène la rencontre de deux univers, le film est un très bel objet qui nous a fait frémir et rêver (voir notre critique), même si nous avons pris un peu de temps pour entrer dans l’intrigue et le jeu un peu surligné de la jolie Juliette Binoche.

Jeudi matin, le nouveau film de Jafar Panahi était, comme chacun de ses opus à la Berlinale, reçu comme un petit miracle. L’art, même assigné à résidence en Iran, continue de fleurir. Et de manière plus vivante qu’il y a deux ans où tournait Pardé comme une ombre autour de son appartement. S’il n’y a pas de courses haletantes à la Luc Besson le Taxi de Panahi est une belle tranche de vie sous forme de sketchs aussi fins que drôles (voir notre critique).

A 12h, la presse était en émoi et les fans s’agglutinaient pour espérer voir passer, deux heures plus tard, Nicole Kidman et James Franco. Tourné sur fonds US par le maître allemand Werner Herzog, Queen of the Desert s’annonçait comme un Grace Kelly des sables. Las ! le palais rempli à craquer de journaliste a ri et soupiré et ri et soupiré devant l’ineptie des dialogues, la langueur de l’intrigue et les airs précieux de Nicole Kidman. Oscillant entre Lawrence d’Arabie et Angélique, marquise des anges, plein de bien pensance géopolitique et massacrée en ses début par le jeu de James Franco, cette fresque du désert s’est avéré être un horrible navet. Et la conférence de presse nous a confirmé qu’il était trop prétentieux pour être divertissant. Une déception en jolis costumes (voir notre critique).

L’après-midi nous a permis de poursuivre la compétition avec l’anti-reine du désert. 45 ans de Andrew Heigh est un film aux plans denses, modestes et serrés, qui filme avec une justesse très émouvante comment un couple britannique constitué depuis 45 ans peut se trouver encore amoureux et ébranlé dans ses fondements par des révélations du passé. Fragile, l’âme à nu, magistrale de nuances, Charlotte Rampling pourrait bien décrocher un ours dans ce rôle de femme fière et aimante, tandis que Tom Courtenay lui donnait une réplique toujours ronde et juste. Un moment authentique et qui redonne foi dans la subtilité de la sélection officielle. (Voir notre article).

Enfin, après le pôle Nord et le désert, ce jeudi de Berlinale nous a emmenés pour l’ouverture de Panorama en anglais et en espagnol avec une bande d’adolescents et un Tim Roth parfait en flic, à la frontière des Etats-Unis et du Mexique. 600 miles de Gabriel Ripstein, contrée aussi violente qu’énergique où les cartels sont rois, la jeunesse les prend pour des héros et où les armes circulent comme des bonbons. Un shoot d’énergie au soir d’une première journée complète bien chargée en ondes et images de toutes sortes.

Ravies par ce programme riche et complexe, des étoiles plein les yeux et deux bonnes saucisses dans l’estomac pour se réchauffer, les troupes de TLC attendent avec impatience le programme du vendredi où l’on verra le premier film allemand de la compétition, Victoria et Léa Seydoux reprendre à Jeanne Moreau son rôle de femme de chambre décadente…

photos : YH

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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