Cinema

[BERLINALE, JOURS 6 et 7] N’ayez pas peur !

[BERLINALE, JOURS 6 et 7] N’ayez pas peur !

16 février 2017 | PAR William Meignan

 

Le soleil irradie Potsdamer Platz. Les deux plus grandes Catherine du cinéma français viennent réchauffer nos cœurs. Nous sommes heureux. Mais lorsque le bonheur irradie nos vies, les nuages ne sont jamais loin.

Le directeur du festival Prof. Dieter Kosslick, intitule justement son édito de présentation de la présente édition : « Un fantôme passe… ». Cela s’applique naturellement au contexte politique global dans lequel nous nous trouvons. Ces mots prennent une résonnance toute particulière au regard des films présentés ces deux derniers jours.

Nos personnages sont hantés par leur passé (Return to Montauk, Sage-femme), par la solitude, par les réminiscences de la guerre (Bye-bye Germany, 1945), par la maladie ou encore la peur du déclassement social. Toutes ces peurs favorisent l’émergence d’une paranoïa générale qui s’emparent des sociétés. Ce phénomène est particulièrement décrit dans le film de Aki Kaurismaki, retraçant le destin d’un réfugié syrien dans une société finlandaise gangrénée par la peur. Le huis-clos mis en scène par Alex de la Iglesia montre quant à lui l’escalade d’un sentiment d’insécurité conduisant à la folie. Quand tout le monde nous devient suspect, nous ne pouvons pas nous attendre à devenir à notre tour le suspect de quelqu’un d’autre. Voire de soi-même.

Cette généralisation de la peur ne peut se comprendre que sur un modèle de réciprocité. Les peurs individuelles nourrissent l’angoisse sociétale, et vice versa. Le climat de maladie qui règne dans la famille du film Colo n’est que le fruit de la conjoncture économique et sociale qui frappe les plus fragiles. C’est le chômage et le sentiment d’inutilité sociale qui en découle qui est le terreau de la souffrance mentale du père.

La peur, aussi infondée qu’elle soit, a des conséquences qui, elles, sont bien réelles. Ne la nourrissons pas.

William & Samuel

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William Meignan

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