Cinema

[BERLINALE, JOUR 4] S’ACCOMMODER DU COMPROMIS ?

[BERLINALE, JOUR 4] S’ACCOMMODER DU COMPROMIS ?

12 février 2017 | PAR William Meignan

Le profil de cette 67ème Berlinale ne cesse de se complexifier. La prépondérance de l’actualité politique des premiers jours s’efface au profit d’une réflexion plus universelle sur le sens du « vivre ensemble ».

 

 

Hier déjà, la folie apparaissait comme réponse à un environnement social oppressant. Aujourd’hui se profile une réflexion commune aux trois films en compétition portant sur l’essentialisation comme moteur d’exclusion sociale, et la dignité comme rempart à ce processus.

Ainsi, dans Pokot, face à la pratique déraisonnée et récréative de la chasse, l’institutrice polonaise Duszejko décide de se battre dans son village contre cette objectification des animaux et va tenter par tous les moyens de leur rendre leur dignité.

Dans Viceroy’s House, les anglais ayant annoncé la décolonisation en Inde, les aspirations religieuses et nationalistes s’exacerbent et ont raison de la coexistence entre musulmans, sikhs et hindous : des hommes que l’on a vu travailler et vivre ensemble sous la domination de l’ennemi commun britannique finissent par se haïr en s’essentialisant entre groupes ethniques et religieux.

Enfin, dans Una Mujer Fantastica, Marina subit après le décès de son compagnon l’ostracisation de sa belle-famille. Cette dernière projette sur elle sa peur de l’altérité. Marina se révèle être admirable par la résilience dont elle fait preuve.

Seulement, cette idée de dignité comme réponse à l’exclusion, la haine et la violence est-elle satisfaisante ? Face à une agression, dire à la victime de garder sa dignité, n’est-il pas synonyme d’acceptation d’un statu quo insupportable, voire pire de pur et simple abandon à aspirer à construire une société plus juste ?

 

 

« I grew up in a world where people wanted to change the world, have a revolution but the statu quo, as the easiest way, remained. » 

Duszejko dans Pokot

 

 

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