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[BERLINALE] « Berlin Syndrome » : le côté obscur de la capitale allemande

[BERLINALE] « Berlin Syndrome » : le côté obscur de la capitale allemande

25 février 2017 | PAR William Meignan

Berlin Syndrome de Cate Shortland fait son entrée dans la section « Panorama » du festival. Ce thriller psychologique plein de suspense nous confronte à une image de la ville à la fois angoissante et inattendue. Après Lore, sorti en 2012, c´est la seconde fois que la réalisatrice australienne choisit l’Allemagne comme lieu de tournage.

Critique de Oktay Tuncer

Se retrouver séquestré pendant plusieurs semaines dans un bâtiment abandonné n’est sans doute pas l’expérience berlinoise rêvée. « Berlin Syndrome » est un thriller en huis clos captivant. Par ses références aux chapitres totalitaires de l’histoire allemande, l’aspect psychologique du film prend en profondeur.

Clare (Teresa Palmer) est une jeune touriste australienne. Armée de son sac à dos et son appareil photo, elle découvre les attraits de la capitale allemande. C’est lorsqu’elle rencontre Andi (Max Riemelt, acteur de polars réputé et rendu célèbre par sa prestation dans le thriller social Die Welle) que l’histoire prend une tournure particulière. Ce jeune instituteur, après une nuit passée avec Clare, va la garder captive dans son appartement. Le spectateur accompagnera ainsi la jeune femme dans son supplice, à la merci des névroses et des étranges obsessions d’Andi.

L’otage est tiraillée entre la résignation et la volonté de fuir, entre la soumission et ses velléités de rébellion. Ce sont bien les actes de violence, morale mais surtout physique, qui vont permettre de matérialiser la relation de soumission entre les deux personnages, alors même que le corps de Clare est sans cesse esthétisé dans sa féminité.

Cependant le film illustre avec beaucoup de nuances la psychologie entre bourreau et captif : loin des clichés des films d’otage classiques, la mise en scène met habilement en relation l’histoire totalitaire allemande et la relation entre les deux personnages. Le spectateur reste néanmoins sur sa faim : en cause, un dénouement précipité et très confus.

Si la performance de Teresa Palmer est remarquable, celle de Riemelt ne convainc pas tout à fait. Le personnage d’Andi, dont on peine à vraiment saisir les motivations, reste malheureusement assez plat et peut expliquer cette déception. C’est en fin de compte avant tout la relation complexe, remarquablement bien développée, entre la victime et le tortionnaire qui donne au troisième film de Cate Shortland son énergie et son intérêt.

 

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William Meignan

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