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Avec Trishna Michael Winterbottom transmue Freida Pinto en femme soumise

04 juin 2012 | PAR Yaël Hirsch

Après la jolie balade gastronomique qu’avait été « The Trip« , le réalisateur britannique Michael Winterbottom, à qui l’on doit notamment « The Killer inside me » et « Un cœur invaincu » revient à l’adaptation littéraire. Il s’inspire notamment de Tess D’Uberville de Thomas Hardy pour dépeindre la relation amoureuse déséquilibrée entre un riche héritier indien et une jeune femme modeste qu’il décide de prendre à son service. Une fresque bourrée de clichés orientalistes que ses superbes paysages ne sauvent pas. Sortie le 13 juin 2012.

Rajhastan. Le père de la jeune et belle Trishna (Freida Pinto) a un accident de voiture qui l’empêche de gagner sa vie pendant plusieurs mois. Conjointement, la jeune-femme attire l’attention du fils d’un grand patron d’hôtel, Jay Singh (Riz Ahmed). Il lui propose alors un poste dans un des hôtels de son père qu’elle ne peut refuser, tandis que lui doit justement diriger cet hôtel pour prouver sa valeur à son père. Contre toute convention, les deux jeunes gens entament doucement une aventure. mais dès après la première nuit, Trishna prend peur et s’enfuit; elle retourne dans sa famille puis travailler chez un oncle. Jay la retrouve et lui demande de venir vivre avec lui à Bombay, comme sa compagne. Là-bas, personne ne les jugera. Trishna est assez heureuse à Bombay avec Jay, même si elle désirerait commencer une carrière de danseuse, ce que son homme ne la laisse pas faire. Le départ de ce dernier pour plusieurs mois après la mort de son père transforme leur relation et Jay demande à Trishna de lui suivre dans un de ses hôtels, où elle devra à nouveau prétendre n’être qu’une de ses employées. par amour, Trishna accepte.

Malgré l’inimitable manière dont Winterbottom filme les paysages du Rahjastan, et malgré les jolie tenues et le corps de liane de Freida Pinto, « Trishna » est un film lent, ennuyeux, et qui égrène un à un les clichés sur la relation S&M entre un homme et une femme de classes différentes. En Belle du Seigneur prête à aller jusqu’au bout de l’humiliation par amour, Freida Pinto se pétrifie dans un contexte post-colonial qui met vraiment mal à l’aise. Les invraisemblables rebondissements de ce long clip extrême-orientaliste ne suffisent pas à dissiper les fantômes politiques qu’il convie à un festin d’image bien peu nourrissant.

« Trishna », de Michael Winterbottom, avec Freida Pinto, Riz Ahmed, Grande-Bretagne, 1h48

(c) Marcel Zyskind

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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