Cinema

Arras Film Festival Jour 2 : Des portraits de femmes combatives

Arras Film Festival Jour 2 : Des portraits de femmes combatives

16 novembre 2019 | PAR Hugo Saadi

En ce deuxième jour de compétition européenne, les couloirs du cinéma de la place d’Arras ne désemplissent pas de la journée. Le public, comme chaque année, vient en masse et joue un rôle important notamment dans l’attribution du prix du public. Retour sur cette deuxième journée, marquée particulièrement par des rôles féminins.

À la séance du matin, on découvre Dafne de Federico Bondi. Le film italien dresse le beau portrait d’une femme trisomique, mais surtout énergique, pleine de vie et à la répartie saillante. Cette femme, c’est Dafne. Elle assiste soudainement au décès de sa mère et se retrouve alors seule avec son père, qui tombe petit à petit dans une spirale dépressive. L’équilibre familial est rompue, mais Dafne va prendre un nouveau souffle et se rapprocher de son père lors d’un mini pèlerinage. Le film présente des scènes de vie touchantes, que cela soit au sein de l’association, avec ses collègues, dans son travail et lors de moments intimes avec ses amis. Le réalisateur italien évite de tomber dans le pathos et propose un film juste et touchant qui nous donne la chair de poule à plusieurs reprises. Il évite de trop surligner certains messages et n’en fait pas un film sur le handicap. Federico Bondi use des problèmes réels de la vie de tous les jours pour construire une belle relation entre son duo de personnage. Un beau portrait de femme, touchant et juste. 

C’est attendri par ce 3ème film de la compétition qu’on se rend voir The Best of Dorien B. Et de nouveau, on se laisse envouter par le personnage féminin de Dorien, jeune femme forte qui voit son quotidien chamboulé à la suite d’une mauvaise nouvelle. Il semblerait que ce soit la tendance de cette 20ème édition du Arras Film Festival puisque de nouveau on assiste à un changement de vie soudain. Dorien, une trentenaire marié, deux enfants, vétérinaire et une belle maison apprend qu’elle a un cancer du sein. Le problème se démultiplie quand elle se rend compte qu’elle n’a aucun proche disponible avec qui en parler. C’est le début d’une remise en question associée à une crise de nerf. La réalisatrice Anke Blondé distille savamment des péripéties sans en faire trop. La sphère privée et familiale sont évidemment mises à mal et les secrets refont surface et se mêlent aux révélations. On ne quitte quasiment jamais des yeux l’actrice principale Kim Snauwaert qui apporte douceur et légèreté au métrage. Un film drôle et sensible qui met en lumière la vie d’adulte sans filtre et les combats contre la maladie. 

Enfin, à 21h30 dernier film du jour, Negative Numbers de Uta Beria. Le réalisateur géorgien nous plonge au cœur d’une prison pour jeunes délinquants et livre un huis clos tendu et qui réaliste. On suit Nika incarcéré dans un centre de détention pour un crime commis par son frère. Il a endossé le rôle de leader de la prison et organise, sous la tutelle de son frère, la gestion du centre. Mais ses intentions vont être remises en question lorsqu’un programme de réinsertion par le rugby est mis en place. Tiraillé entre ses choix et contesté au sein du centre de détention, Nika va devoir faire des choix qui changeront son destin. Uta Beria a fait le bon choix de ne jamais sortir sa caméra de la prison et nous propulse au plus près de ces jeunes : à la cantine, dans les dortoirs, dans la cour et lors des sessions de rugby. Il instaure une tension de plus en plus palpable à travers des regards et des confrontations. Grâce à une réalisation sobre et sans artifice, il évite de tomber dans le mélo dramatique et présente la vie carcérale à la dure avec un final tout en sobriété. Un film plein de réalisme où l’on s’attache progressivement à la palette de personnages. 

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