Cinema
Arras Film Festival : Atlas d’or à Becoming Mona, et La Mif également sacré

Arras Film Festival : Atlas d’or à Becoming Mona, et La Mif également sacré

15 novembre 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

Le Festival du Film européen d’Arras voit son édition 2021 s’achever avec le sacre par les Atlas d’or et d’argent de deux films mettant en scène des héroïnes en marge par rapport au monde qui les entoure, sujet beaucoup – et très bien – représenté au sein de la Compétition cette année.

Le Festival du Film européen d’Arras achève de célébrer sa vingt-deuxième édition, marquant des retrouvailles en salles avec les spectateurs suite à l’annulation de 2020 due au coronavirus, en voyant son Atlas d’or couronner, au sein de la Compétition de longs-métrages, Becoming Mona, des néerlandais Sabine Lubbe Bakker et Niels Van Koevorden, ou le portrait d’une femme bien intentionnée victime de l’égoïsme de ses proches qui finissent par ne plus la voir. Le distributeur français du film se voit en conséquence octroyés 12 000 euros, offerts par la Communauté Urbaine d’Arras.

On se réjouit de voir également sacré un autre film centré sur des protagonistes féminins face à une société difficile, dans laquelle elles doivent trouver leur place, sujet assez présent au sein de la sélection en Compétition cette année : La Mif, du suisse Fred Baillif, lauréat de l’Atlas d’argent (appelé aussi Prix de la mise en scène). Un travail artistique qu’on est très heureux de retrouver au palmarès final, tant sa structure globale et son montage témoignent d’une intelligence précieuse, et permettent à l’émotion de surgir sans aucun effet appuyé ou fil narratif gratuit. Son réalisateur reçoit, en conséquence de ce Prix, une dotation de 5 000 euros de la région Hauts-de-France. Le film sortira dans les salles françaises distribué par L’Atelier Distribution.

Le finlandais The blind man who did not want to see Titanic repart, lui, avec une Mention à l’Atlas d’argent, mais aussi avec le Prix Regards jeunes Région Hauts-de-France, décerné par un jury de lycéens et représentant 2 000 euros, attribués par BNP Paribas à son réalisateur : signé par Teemu Nikki (Euthanizer), il s’attache au parcours d’un homme aveugle et en fauteuil roulant, qui décide un jour de partir voir la femme avec laquelle il converse au téléphone.

De la même manière, Leave no traces est au final lauréat de deux récompenses, le Prix SFCC de la Critique, et le Prix du Public représentant 5 000 euros offerts par le Département du Pas-de-Calais à son distributeur français – qui viennent saluer sa peinture de l’oppression du peuple en Pologne, au début des années 80. Signé par Jan P. Matuszynski (The last family), il offre une réalisation tenue, qu’on a pu trouver hélas pas assez fine ou originale. Il sortira dans les salles françaises distribué par Memento Distribution.

Enfin, à l’issue des Arras Days, des bourses se sont vues décernées à deux projets : Hesitation wound, du turc Selman Nacar lauréat de 5 000 euros, offerts par la ville d’Arras – et Bleach, de Kaltrina Krasniqi gagnant de 7 500 euros, décernés par l’Arras Film Festival – une réalisatrice du Kosovo déjà présente au sein de la Compétition du Festival en cette année 2021, avec Vera dreams of the sea, portrait de femme en lutte contre la corruption et les hommes qui l’entourent à la réalisation fine, fiévreuse et prometteuse.

Et au final, le Festival a su offrir en cette édition une fenêtre aux longs-métrages sélectionnés pour l’année d’avant, et non-projetés pour cause de coronavirus. L’un d’eux, I never cry, du polonais Piotr Domalewski, s’est vu être lauréat d’un Prix du public, représentant 5 000 euros offerts par le Département du Pas-de-Calais à son distributeur français, et décerné suite aux votes des spectateurs, au rendez-vous également pour juger cette sélection destinée à l’année où les salles demeurèrent quasiment tout le temps fermées.

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Visuel 1 : affiche VO de Becoming Mona

Visuel 2 : La Mif © L’Atelier Distribution

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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