Cinema

Arras Film Festival 20ème édition : Jour 1 début de la compétition européenne

Arras Film Festival 20ème édition : Jour 1 début de la compétition européenne

15 novembre 2019 | PAR Hugo Saadi

Si la 20ème édition du Arras Film Festival battait déjà son plein depuis plusieurs jours, ce jeudi 14 novembre 2019 marquait le début de la compétition européenne. Toute la Culture a posé ses valises dans le Nord pour l’occasion et a démarré son marathon de films jusqu’à l’annonce du palmarès dimanche soir. Report.

Et c’est sous un beau ciel bleu que nous avons débarqué à Arras en début d’après-midi. Le festival qui fête son 20ème anniversaire cette année, continue de grossir au fil des ans et offre au public un programme riche et varié : avant-premières, compétition européenne, découvertes, rétrospectives, débats… Pendant plus d’une semaine, Arras vit au rythme des projections. Ce jeudi 14 novembre débutait donc la compétition européenne qui s’attache à mettre en avant des films d’Europe du Nord et de l’Est. Présents dans la salle pour cette première projection, le jury Atlas présidé par Thierry Klifa (à ses côtés également Guillaume Gouix, Déborah François, Joséphine Japy) ainsi que le Jury Presse présidé par Philippe Rouyer, où l’on retrouve aussi Yaël Hirsh de Toute la Culture !

Mais juste avant, à 14h devant les scolaires puis à 18h30, le réalisateur Benjamin Parent présentait en avant-première son premier long-métrage, Un vrai bonhomme. Dans ce film qui résonne fort avec l’univers des adolescents, Tom, le héros (génial Thomas Guy) tente de retourner au lycée, deux ans après la mort tragique de son grand-frère Léo (Benjamin Voisin, étoile montante qui crève l’écran) dans un accident de voiture. Et sa façon à lui d’y parvenir est de le conserver comme ami et mentor secret. Une toute petite schizophrénie qui l’empêche d’être totalement lui-même pour séduire la belle (et punchy) Clarisse (excellente Tasnim Jamlaoui) … Repéré avec le court Ce n’est pas un film de cow-boys, césar dans sa catégorie en 2012, le cinéaste livre avec son premier long un film vif sur le deuil qui détourne les codes du Teen-Movie pour poser plein de questions sur le genre en général et la virilité en particulier. Et il y a dans ce drame qui flirte avec la comédie quelques scènes cultes… Sortie le 8 janvier 2020 sur nos écrans.

Le premier des neufs films présentés nous emmenait en Slovaquie. Avec Let There Be Light, le réalisateur Marko Skop nous plonge dans le quotidien de Milan, un père de 40 ans qui travaille en Allemagne pour subvenir aux besoins de sa famille restée en Slovaquie. Pour Noël, il revient chez lui et découvre que son fils s’est laissé embarquer au sein d’un groupe paramilitaire impliqué dans la mort d’un camarade de classe. Tourmenté entre l’envie de protéger sa famille et de révéler les secrets de tous, le père se retrouve sous tous les feux. En découle une violence au sein de la famille, mais aussi de la ville où il réside. Cette milice a gangréné toutes les sphères, de la police jusqu’à l’Église. Le réalisateur construit son film de manière crescendo et laisse aux spectateurs le temps de s’immerger au sein de la famille et de palper l’ambiance qui règne dans cette ville, très religieuse. Avant de tout faire éclater au grand jour au fil et à mesure du métrage pour nous offrir un final haletant et indécis. Le film prend aussi une autre dimension avec comme contexte sous-jacent, la montée de l’extrême droite en Europe. Si le film nous tient en haleine facilement, on peut aussi féliciter la prestation de Milan Ondrik, brillant dans son rôle de père au pied du mur.

Le second film de la compétition a quelques similitude avec Let There Be light puisqu’il questionne aussi les liens du sang lorsqu’un drame déboule subitement. Avec Carturan, le réalisateur roumain Liviu Sandulescu confronte Vasile Carturan, un grand-père, la soixantaine, face à son petit-fils. La raison est guère heureuse puisque Carturan vient d’apprendre que ses jours sont comptés. Il s’engage alors dans une course contre la montre pour régler ses affaires et s’assurer de l’avenir de son fils orphelin. Si le film est assurément humain, il nous faut malgré tout batailler dans sa première heure pour être pleinement captiver. Les différentes étapes nécessaires à la préparation d’un banquet funéraire peuvent vite s’avérer ennuyantes. Heureusement, le film est porté par Teodor Corban, l’acteur principal touchant en grand-père protecteur. Les scènes marquantes avec le prêtre du village sont toutefois bien menées et quelques péripéties viennent redonner un peu de dynamisme au film qui se laisse malgré tout suivre dans son déroulement. La fin ouverte, laisse également sur une belle note et l’émotion pointe enfin son nez.

Une première journée où la famille et l’adolescence sont au cœur des films présentés à Arras. Nous voilà bien lancé pour continuer notre festival avec la suite de la compétition ce vendredi. 

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Hugo Saadi

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