Cinema
[Arras Festival] « The tree » : une maîtrise technique prometteuse

[Arras Festival] « The tree » : une maîtrise technique prometteuse

11 novembre 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

A l’Arras Film Festival, dans la section « Visions de l’Est » on a pu découvrir ce film slovène, où la maîtrise technique s’est conjuguée avec un scénario un peu moins abouti.

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The treeDerrière l’enceinte de leur maison, située dans la campagne slovène, Milena, et ses deux fils Alek et Veli, restent cachés. Les deux garçons n’ont pas le droit de sortir, car une menace rôde : c’est là ce qu’Alek, l’aîné, bientôt adulte, raconte à son cadet. Ce dernier croit à l’histoire, mais veut quand même s’en aller : on suit ses tentatives d’évasion dans la première partie du film, partie qui porte son nom. Dans les deux suivantes, on découvrira que la vérité est toute autre…

Le talent de réalisatrice de Sonja Prosenc éclate tout au long des scènes de ce premier film : riches de sens, ses plans créent une atmosphère anxiogène et prenante. Et ses trois acteurs, admirablement dirigés, permettent que l’histoire s’incarne. Cette maîtrise technique rappelle la plus belle oeuvre qu’on avait vu l’an dernier, à l’Arras Film Festival : L’Ennemi de la classe, autre film slovène signé Rok Bicek, tout en justesse et en violence rentrée.

Le scénario de The tree, lui, déçoit un peu au final. La raison de la retraite derrière les murs semble dérisoire. Surtout, on s’étonne que le contexte ne soit pas du tout décrit : on aurait aimé en savoir davantage sur l’endroit où habite cette famille, pour que le danger apparaisse plus cohérent. Et sur le plan symbolique, difficile de trouver du sens à cette mère dont la volonté de rester cloîtrée semble forcée, et à la conduite de ce fils aîné… La maîtrise technique de Sonja Prosenc encourage cependant à guetter un deuxième film de sa part. On aimerait qu’elle s’aventure à fond dans le symbolique : elle a le talent qu’il faut pour en tirer une grande oeuvre…

Le Festival International du Film d’Arras se prolonge jusqu’au dimanche 15 novembre.

The tree, un film de Sonja Prosenc. Avec Katarina Stegnar, Jernej Kogovsek, Lukas Matija Rosas Ursic, Sasa Pavlin Stosic. Drame, Slovène. Durée : 1h30.

Visuel : © Monoo Production

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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