Cinema
Arles : Maud Calmé, directrice artistique, nous parle du Festival Phare

Arles : Maud Calmé, directrice artistique, nous parle du Festival Phare

26 juillet 2021 | PAR Yaël Hirsch

Du 27 au 30 juiller, Arles vibre au rythme du court-métrage. La 6e édition du Festival Phare commence sous peu sous le signe de « l’étrange » et du « genre » et sa directrice artistique, Maud Calmé, nous parle des découvertes que nous allons y faire.

Comment sélectionnez-vous les courts-métrages que vous mettez en avant?

Cette année les deux thématiques « l’étrange » et le « genre » sont nées de deux coups de coeur Féeroce de Fabien Ara et Choulequec de Benoît Blanc et Matthias Girbig. J’avais envie de défendre la thématique de l’étrange pour son regard décalé par rapport à la réalité, inviter le spectateur à perdre pied et se laisser embarquer dans d’autres imaginaires. J’ai visionné le court Féeroce qui raconte l’histoire d’un petit garçon qui veut se déguiser en fille, dans une belle mise en scène. J’avais envie de le présenter dans le cadre de cette 6e édition et j’ai tissé ensuite ma programmation pour la soirée Genre avec des courts engagés, poétiques, drôles et parfois osés.

Quelle est l’importance des histoires des causeries des échanges dans le festival Phares et comment ces narrations ancrent-elles les œuvres cinématographiques ?

J’ai emprunté le terme ciné-causeries à Agnès Varda, c’est un moment d’échange avec les réalisateurs, acteurs, cinéastes mais aussi cette année pour la première fois, un ciné-conte avec la pétulante Esmé Planchon qui nous parle de cinéma sans nous montrer d’images, c’est aux spectateurs de créer leurs propres histoires. Une signature avec l’autrice Véronique Le Bris les 100 grands films de réalisatrices, une table ronde dédiée aux différents métiers du cinéma en présence du jury des cinéastes / Hanna Ladoul et Marco Lavia, réalisateurs, Julia Marchand, curatrice à la Fondation van Gogh Arles et Nader Soufi, comédien.

 

Quelle place a la création arlésienne dans le festival ? De manière plus large, quelles interactions avec la région, j’ai vu qu’il y a des passerelles avec le FID de Marseille , y’en a-t-il aussi avec les Rencontres?

En ouverture, on propose les courts-métrages réalisés par des arlésiens qui seront présents pour défendre leur film, deux films ont pour sujet le confinement ou le troisième la romanité tournée dans les Arènes d’Arles.
Les étudiants de la célèbre école de cinéma d’animation MOPA constituent le jury des étudiants et pour la soirée de clôture du 29 juillet, neuf courts d’animation des étudiants de troisième année seront diffusés. Les directeurs de festival PACA se sont fédérés en Forum des Festivals PACA, c’est ainsi qu’est née cette carte blanche offerte au FID Marseille qui proposent deux courts plus proches de la vidéo d’artiste. Nous allons rencontrer le nouveau directeur bientôt et espérons pouvoir tisser des liens.

 

Le prix et la soirée de culture sont dédiés à Alice Guy, la question du genre, masculin / féminin est une des deux thématiques du festival. Est-il engagé depuis la première édition sur cette question du genre ?

C’est un thème important pour moi, il y a deux ans j’avais programmé Be natural de Pamela Be Green, documentaire sur Alice Guy, première cinéaste de fiction au monde, il retrace son parcours et la remplace dans l’histoire du cinéma. Le ciné-concert permet de découvrir ces films souvent burlesques et engagés également comme le film de 1906 les résultats du féminisme. Cette année, le genre est le thème d’une soirée et propose des réflexions sur nos corps, nos identités, notre statut. Les propositions sont tantôt émouvantes, poétiques, provocantes mais toujours avec une très belle mise en scène.

Quelle est la meilleure trajectoire que vous pouvez souhaiter à un court présenté au Festival Phare ?

Qu’il soit sélectionné dans d’autres festivals et qu’ils remportent des prix mais surtout qu’il soit vu par le plus grand nombre ! Ce qui est d’ailleurs souvent le cas.

visuels (c) affiche, DR, Jan Dyver et Philippe Prallaud

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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