Cinema

Apichatpong Weerasethakul

27 avril 2010 | PAR Coline Crance

Apichatpong Weerasethakul est un réalisateur thaïlandais. Son dernier film Loong Boonmee Ralenk chaat est sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes 2010. Son oeuvre très largement saluée par la critique internationale fait de son dernier film l’un des films très attendus sur la Croisette.

 

Apichatpong Weerasethakul étudie à l’Université de Khon Kan et obtient un Master en Architecture en 1994, formation qui selon lui l’aurait influencé par la suite. Puis il étudie aux Etats Unis et obtient un Master en Beaux Arts à l’institut de Chicago en 1997. Sa carrière commence par la réalisation de nombreux documentaires et de films expérimentaux qui sont le reflet de la vie des habitants modestes de la Thaïlande d’aujourd’hui. Il se crée peu à peu une place de leader et de porte parole dans le cinéma thaïlandais. Cinéaste actif , il milite contre la censure à laquelle il est lui-même confronté à de nombreuses reprises. Il fonde Kick the Machine en 1999 destiné à développer et promouvoir ses propres oeuvres et celles de ses confrères thaïlandais. Ces trois films les plus connus et reconnus au niveau international sont Blissfully yours, Tropical Malady et Syndromes and a Century. Les deux premiers furent présentés à Cannes en 2002 et 2004 et le dernier à la mostra de Venise en 2006.

 Son oeuvre est une oeuvre sensible et intimiste. Brisant la temporalité, Apichatpong Weerasethakul joue avec et se sert de différents lieux pour reconstruire sa propre mémoire en se laissant guider par son ressenti le plus intime. Tous les lieux dans son oeuvre sont des espaces d’investigations et d’introspections. La chronologie de l’action est évincée au profit du sensible, d’une caméra discrète mais parfois intruisive qui livre une vision sincère de la vision du cinéaste sur la Thaïlande d’aujourd’hui. Le dessin dans son travail a une grande importance. Pour Syndromes par exemple, il lui a servi à imaginer les lieux à partir de ses souvenirs. Travail du tâtonnement, de l’intuitif, cinéaste de l’effleurement, Apichatpong Weerasethakul est dans son oeuvre, en permanence  à la recherche de sa propre architecture mentale , de sa mémoire. Les souvenirs sont des pièces que l’on emboîte une à une à l’aide d’abord du crayon puis de la caméra pour offrir cet espace de création et du souvenir entièrement à l’imaginaire ; espace qui n’est alors plus vraiment celui de l’action mais plutôt d’une action déjà vécue. Le cinéma d’Apichatpong Weerasethakul est donc celui d’où jaillit une poésie rare et atypique qui en fait toujours un réalisateur surprenant et attendu.

 » La mémoire est peut-être la seule impulsion à l’origine d’un film. Tout est conservé dans notre mémoire , mais la vie ne permet pas de récréer cette mémoire avec exactitude. L’esprit ne fonctionne pas comme une caméra. » Apichatpong Weerasethakul

 

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Coline Crance

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