Cinema

After ou la lente agonie d’une nuit

After ou la lente agonie d’une nuit

18 décembre 2012 | PAR Ainhoa Jean Calmettes

Avec After, l’écrivain Géraldine Maillet signe son premier long métrage. Un film épuré et troublant qui aurait gagné à suivre jusqu’au bout son parti pris minimaliste.

After n’est rien d’autre que l’histoire d’une rencontre. Elle entre dans un restaurant. Il est là. Une conversation se lance, bancale, chancelante. Il suffit parfois de rien. Il obtient un premier sursis pour prolonger ce hasard. Puis un second pour lui donner sens. Il avorte la première et unique tentative de fuite de celle qu’il veut conquérir; il a jusqu’à six heures du matin désormais. Un contrat qu’elle ne signera jamais mais dont elle ne tentera plus de se défaire.

C’est l’histoire d’une nuit blanche volée à l’habitude aussi. Gratuite ou décisive ? La question se pose plus pour elle que pour lui. Malgré les apparences, il sait plus où il en est qu’elle finalement. Guillaume est protégé par la certitude de son désir. Julie, elle, se dérobe, fuit. Elle s’offre uniquement comme une énigme. Mais elle reste pourtant, à chaque fois qu’elle pourrait partir.

Au cœur d’un Paris vide et fantasque, les lieux et les aventures s’égrainent, entrecoupés de virées en moto qui se déclinent comme autant d’interludes musicaux. Pour Guillaume, ces différents lieux sont le support du dévoilement progressif de ce qu’il est. Pour Julie, ils servent à brouiller davantage encore son identité. Il ne se passe rien, ou presque rien. Le film ne raconte pas, il montre l’intimité croissante dont il est le témoin. Le rythme lent est parfaitement dosé et mime à lui tout seul ce désir qui se refuse pour durer, un peu plus longtemps encore. Et c’est dans les silences, dans les regards et les sourires échangés qu’After en dit le plus.

Pourtant, une réplique suffit à ce que la tension retombe. La complicité muette des deux acteurs corrige un premier temps ce faux pas mais le film trébuche à nouveau. Clichés, expressions désuètes, les fautes de goût sont nombreuses – on pense ici à la référence au Krav Maga dans cet ascenseur où l’attirance réciproque était pourtant palpable. Elles sont déstabilisantes surtout, venant d’une auteure de romans. Dans une ambiance intimiste, menacée à chaque instant de disparaître, la faiblesse des dialogues ne pardonne pas. Raphaël Personnaz s’en sort : Guillaume veut séduire, ses paroles peuvent sonner faux, elles sont aussi un jeu. Mais Julie Gayet peine à développer toute l’ambiguïté de son personnage. Si elle excelle dans sa distance froide et triste, ses rires sont forcés et sa bonne humeur soudaine peu convaincante. Elle, si belle, si juste dans ses expressions et l’attitude de son corps, fallait-il vraiment lui faire réciter des platitudes ?

Crédits photo Séverine Brigeot

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Ainhoa Jean Calmettes

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