Cinema
A l’Arras Film Festival, on a vu « Roues libres » : des handicapés hongrois au coeur d’un polar original

A l’Arras Film Festival, on a vu « Roues libres » : des handicapés hongrois au coeur d’un polar original

13 novembre 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

Les belles qualités de Roues libres, l’un des neuf films présentés dans la Compétition du Festival d’Arras 2016, ont su emporter notre adhésion. Et son interprétation, ses scènes décalées, son jeu avec les codes policiers nous ont transporté, malgré quelques baisses de rythme et d’originalité, dans un univers inattendu. (Les récits des journées précédentes de l’Arras Film Festival 2016 sont à lire ici, ici, et ici.)

[rating=3]

roues-libres-photo2-pretty-pictures-640x427Ancien pompier désormais paralytique, Janosz Rupaszov (fantastique Szabolcs Thuroczy) est devenu un dur, un délinquant, un homme de main solitaire à la solde du caïd de sa ville (Dusan Vitanovics, succulent). Un homme de main toujours assis sur un fauteuil roulant. Mais dans le fond, il reste sensible, triste, et désireux de surpasser son problème. Un jour, le hasard met sur sa route deux adolescents également frappés par des handicaps (Zoltan Fenyvesi et Adam Fekete, tous deux dans des rôles difficiles). N’ayant eux-mêmes plutôt rien à perdre, ils vont demander à devenir ses assistants…

Dans Roues libres, le réalisateur Attila Till orchestre quelques moments de pure drôlerie, qui correspondent, justement, aux plans bancals de ses héros : la mise en garde vis-à-vis d’un gang rival sur un parking, le meurtre d’un avocat véreux sur une place ou l’assassinat d’un grand patron criminel dans sa villa constituent des visions étonnantes. Las ! Ces combines ne sont pas le centre du film. Et l’acceptation mutuelle par nos personnages principaux de ce qu’ils sont, reste moins originale… Mais le jeu avec les codes du polar – pour quitter le lieu d’un crime, il faut ainsi démonter son fauteuil et l’embarquer, sous peine de laisser une preuve – le mélange des tons, l’énergie, et la jubilation des acteurs, surtout, rendent ce projet inattendu agréable à suivre. Et peut-être doué de profondeurs insoupçonnées. A voir bientôt, peut-être, dans les salles françaises ?

L’Arras Film Festival se poursuit le dimanche 13 novembre jusqu’au soir.

Visuel : © Pretty Pictures

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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