A l'affiche
UPSIDE DOWN : Grosse déception pour ce qui aurait pu être un grand film…

UPSIDE DOWN : Grosse déception pour ce qui aurait pu être un grand film…

01 mai 2013 | PAR Juliette Hebbinckuys


[rating=1]

 

On aurait voulu crier au chef d’œuvre… Malheureusement, on ne criera pas du tout. Ou alors de rage, tant la colère est forte après avoir vu l’ébauche d’un grand film, qui sera vite oublié tant la faiblesse de son scénario et le jeu simpliste de ses acteurs ne vous donneront pas envie de vous y replonger une deuxième fois. Avec « Upside Down », Juan Solanas nous laisse comme un goût d’inachevé. Ou quand une idée brillante se transforme en nanar pour adolescentes…

Tout avait pourtant bien commencé : le pitch était alléchant, le casting séduisant et la bande-annonce réussie. Une histoire d’amour classique, intemporelle, une sorte de « Roméo et Juliette » des temps modernes, où deux êtres que tout oppose se rencontrent et choisissent de s’aimer malgré les épreuves. « Upside down », c’est un conte philosophique, une fable poétique et romantique dans un univers inconnu. Deux mondes cohabitent : celui d’en haut, riche et prospère,  et celui d’en bas, où l’on manque de tout, qui tombe en ruines et où la vie semble s’être arrêtée. Leur gravité est inversée, si bien que pour ceux d’en bas, les habitants du haut vivent la tête en bas, et inversement. Les deux mondes n’ont pas le droit de cohabiter, si ce n’est à Transworld, multinationale interplanétaire qui gère les énergies des deux mondes, et utilise le pétrole du monde du bas pour alimenter en énergie celui du haut. Un jour, un jeune homme d’en bas (Jim Sturgess) va rencontrer une jeune fille d’en haut (Kirsten Dunst), et en tomber éperdument amoureux. Pour la revoir, il va devoir défier les lois de la gravité, mais aussi celles qui régissent leurs mondes, et qui interdisent le contact entre ceux d’en haut et ceux d’en bas. A moins de passer par Transworld…

Si le postulat de départ peut paraitre un poil compliqué, et que l’idée est un peu tirée par les cheveux, il n’en reste pas moins que cette histoire d’amour sur fond de science fiction avait de quoi surprendre et intéresser les spectateurs à la recherche de renouveau. Malheureusement, il semblerait que Juan Solanas n’ait jamais réussi à faire un choix entre blockbuster et film d’auteur. Le réalisateur de « Nordeste » offre à voir un beau film, esthétiquement réussi et visuellement époustouflant, mais son scénario n’est pas à la hauteur des images qu’il dégage. Non seulement le résultat n’est pas captivant, mais en plus certaines scènes se révèlent carrément incohérentes. La scène de la fusillade n’est absolument pas crédible, les chutes de plusieurs centaines de mètres d’Adam ne lui laissent pas une seule égratignure, et la fin happy-end est à se taper la tête contre les murs en se demandant pourquoi est- ce qu’on nous inflige ça ? Même si le film n’est pas long (1h47), on finit par s’ennuyer et se demander véritablement ce qui nous a poussé à venir le voir.

Le casting, qui était pourtant prometteur, se révèle tout à fait décevant. Les deux acteurs principaux, qui devraient porter le film, manquent de couleur. Jim Sturgess, pourtant très bon comédien notamment dans le superbe « Across the universe », livre une interprétation complètement linéaire. Kirsten Dunst, qui n’est pas mauvaise non plus, reste au strict minimum de ce que sa beauté et son charisme peuvent dégager. Le méchant patron de Transworld, interprété par James Kidnie, n’est pas franchement crédible, ni très impressionnant. Reste Timothy Spall, qui avec beaucoup d’humour réussit à relever le niveau : en jouant le rôle de Bob Boruchowicz, collègue d’en haut d’Adam, il amène son expérience et son talent au service d’un scénario qui ne lui facilite pas la tâche.

Alors effectivement, les images sont travaillées, la technologie inédite qui a permis la réalisation de ce film est à découvrir, au moins pour voir le travail énorme effectué par les techniciens. Mais le rendu esthétique, aussi beau soit il, ne fait pas la force d’un film et il semblerait que Juan Solanas se soit perdu dans les méandres d’une réalisation chaotique. Si le réalisateur est doué pour inventer de belles histoires, et imaginer un univers visuellement magnifique, il n’en reste pas moins que sa fable onirique se transforme rapidement en romance mielleuse pour adolescentes en quête d’idéal. De quoi nourrir de nombreux regrets…

 

La Pause branche ses platines pour un apéro-mix jeudi 2 mai au Paname Art Café
Iphis et Iante, le délicieux manifeste pro gay de Jean-Pierre Vincent au TGP
Juliette Hebbinckuys

One thought on “UPSIDE DOWN : Grosse déception pour ce qui aurait pu être un grand film…”

Commentaire(s)

  • Jean-Paul Desverchère

    Comment la sensibilité peut-elle être perçue dans sa valeur profonde dans un déferlement permanents d’images aussi lumineuses que superficielles ?

    Pourtant elle est bien là, diminuée, naïve, dissoute ou intégrée sur un territoire irréel et récupérateur.

    Incapable de se valoriser pleinement devant un redoutable adversaire nommé merveilleux, détenteur de tous les visuels possibles, dont nos perceptions émotionnelles deviennent de plus en plus dépendantes.

    Maintenant on se dit « Je t’aime » avec comme toile de fond une panoplie quasi infinie de représentations futuristes interchangeables.

    La nouvelle couleur des sentiments dans un graphisme étonnant, attirant fossoyeur de comportements forts et dénudés.

    A quand le retour de Roméo et Juliette. L’amour dans sa version texte, sans rien autour.

    août 13, 2014 at 13 h 23 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture