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« Seize printemps », un premier film touchant et référencé de Suzanne Lindon

« Seize printemps », un premier film touchant et référencé de Suzanne Lindon

12 octobre 2020 | PAR Yaël Hirsch

Sélectionné par le Festival de Cannes 2020, le premier film écrit, réalisé et joué par Suzanne Lindon, 20 ans, porte sur les premiers émois d’une adolescente de 16 ans. Une belle réussite, en salles le 9 décembre 2020.

Suzanne (Suzanne Lindon, donc) a 16 ans, s’ennuie au lycée et n’aime pas fréquenter les gens de son âge, ni même plus de l’âge de sa grande sœur, étudiante en médecine. Sur le chemin de l’école, il y a le Théâtre de l’Atelier, et sur scène, mais surtout au café de la place Charles Dullin, le beau et mystérieux Raphaël. Lui aussi n’est pas indifférent à cette jeune fille effrontée qui boit des diabolos fraise et le dévore des yeux. Ensemble il conjureront l’ennui sur le mode du flirt intemporel et légèrement désuet…

Délicat et infiniment juste sur les rêves des jeunes filles en fleurs, Seize printemps révèle les talents de Suzanne Lindon qui s’est écrit un rôle sur mesure, flirtant habilement avec l’autofiction et ses codes, et où elle exhale un charisme immense et intemporel. Il y a de vraies bonnes idées de mise en scène, comme les chorégraphies de parades amoureuses, une vraie subtilité sur la concordance des temps avec un Montmartre éternel, un jeu malin avec l’image canonique et pas heurtante de l’amour platonique adolescent, et un vrai sens de la citation de Pialat, à qui l’héroïne doit son nom, à Diane Kurys. Au point où, bien après Lolita, l’on se demande si à l’heure de Tik Tok et de l’hypersexualisation des jeunes femmes, ce personnage de grande perche, plus espiègle et intello que sexy, même quand elle montre sa culotte à l’écran, n’est pas un peu trop sage et bourgeoise. A moins qu’au contraire ce soit la subversion ultime d’un talent subtil qu’on suivra avec grande attention.

Seize printemps, de Suzanne Lindon, avec Suzanne Lindon, Arnaud Valois, Frédéric Pierrot, Dominique Besnehard, Frédéric Pierrot, Avenue B Productions/ Paname Distribution, 74 min, Sortie le 09/12/2020.

visuel : affiche du film

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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