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Sarlat : « Adieu Monsieur Haffmann », Daniel Auteuil et Gilles Lellouche incarnent la confiance et l’envie

Sarlat : « Adieu Monsieur Haffmann », Daniel Auteuil et Gilles Lellouche incarnent la confiance et l’envie

12 novembre 2021 | PAR Olivia Leboyer
sarlat cinéma

Après des films de genre, thrillers (Pour elle) ou comiques (Radin !, Le Jeu!), Fred Cavayé adapte la pièce de Jean-Philippe Daguerre, Adieu Monsieur Haffmann. Un film sobre, à la mécanique implacable, avec trois acteurs excellents.

Joseph Haffmann, joaillier (Daniel Auteuil), sent, en mai 1941, qu’il lui faut mettre sa famille à l’abri. Sa femme et ses trois enfants iront dans une ferme, en province. Mais, pour la bijouterie, il imagine une solution : vendre la boutique à son employé, François Mercier (Gilles Lellouche), qu’il connaît depuis peu. A la fin de la guerre, il reprendra son commerce et aidera François à monter le sien.

François Mercier est marié, lui aussi, mais le couple ne parvient pas à avoir d’enfant. Blanche (Sara Giraudeau), discrète et aimante, travaille dans une blanchisserie. Pour eux, pénétrer soudain dans l’appartement cossu des Haffmann est intimidant. C’est un autre univers, plus beau, plus raffiné. Haffmann devait retrouver les siens, mais impossible de franchir les douanes : par la force des choses, François et Blanche vont devoir vivre avec lui, caché dans la cave sous la boutique.

Sans raconter l’intrigue, disons seulement que le ressort principal est l’opposition entre deux pulsions fortes : la confiance et son envers, l’envie. Qu’envie-t-on chez quelqu’un ? Sa situation, son argent, sa virilité ou, plus profondément encore, son talent ? François Mercier, brave type débonnaire au début, se trouve peu à peu rongé par ses frustrations.

Face à un Gilles Lellouche parfait en homme dominé par ses complexes, Daniel Auteuil campe un Joseph Haffmann digne et lumineux. Sara Giraudeau incarne magnifiquement une femme du peuple qui, petit à petit, voit s’éveiller sa conscience.

Un film sobre, tenu de bout en bout par la force de ses interprètes.

Adieu Monsieur Haffmann, de Fred Cavayé, scènario de Fred Cavayé et Sarah Kaminsky, 1h45, France, avec Daniel Auteuil, Gilles Lellouche, Sara Giraudeau. Sortie le 12 janvier 2022.

visuels: photo Olivia Leboyer©

L’aiglon de Rostand par Maryse Estier
Deux Amis – Pascal Rambert
Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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